Un Fonds d'Etat pour accompagner la cinématographie tchèque

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Aux côtés de ses nombreuses casquettes, dont celle notamment de directrice artistique du festival rouennais des cinémas de l’Europe centrale et Orientale « A l’Est, du Nouveau », Markéta Hodoušková, de passage récemment à Prague, fait valoir son expertise pour le Fonds d’Etat à la cinématographie. Née officiellement le premier janvier 2013, cette institution doit aider au développement, à la conception ou encore à la distribution des films tchèques. Markéta Hodoušková a apporté quelques précisions au micro de Radio Prague.

« C’est évidemment une chose très importante pour l’industrie cinématographique en République tchèque. Je pense que tous les professionnels sont très heureux de la création de ce Fonds tchèque. Il me semble que cela a vraiment démarré en septembre de l’année dernière, suite à de nombreux procédés de validation, notamment de la part de l’Union européenne.

Ce Fonds fonctionne déjà, il redistribue les financements et il aussi une stratégie définie pour une certaine période. Il s’agit d’une plateforme pour les professionnels qui les accompagne et peut subventionner toutes les étapes de la vie d’un film. Le Fonds organise aussi des formations et des festivals, l’éducation à l’image ou l’écriture des scénarios… mais également toute la pré-production et production, la promotion des films et leur diffusion à l’étranger. Je pense qu’aujourd’hui nous avons un outil standard, analogue aux institutions créées dans les pays voisins… »

Ce Fonds a-t-il pris modèle sur une autre institution ?

« Le modèle suprême est évidemment le CNC français (Centre national du cinéma et de l'image animée), mais depuis vingt ans que les cinématographies à l’Est sont en reconstruction, nous nous sommes bien rendus compte que le modèle de CNC n’était pas applicable dans tous les pays parce que le système de financement n’est pas le même, les marchés ont des tailles différentes… Le marché tchèque est beaucoup plus petit que le marché français. Les pays doivent adapter des principes à portée universelle à leur contexte local. En ce qui concerne la République tchèque, je pense que nous pourrions aller nous inspirer d’autres pays qui sont de même taille ou bien où les conditions peuvent être similaires.

Actuellement, nous fêtons le dixième anniversaire de la création d’un Fonds semblable en Pologne. Cet Institut du cinéma polonais a fait depuis dix ans un travail énorme pour le cinéma polonais. Ce cinéma est aujourd’hui un cinéma mondial, et le film Ida de Pawel Pawlikowski en est un des exemples très marquants. On voit aussi des festivals de films fleurir en Pologne. Je pense donc que nous sommes en République tchèque sur la bonne voie pour un progrès qui permettra à ce pays de prendre la place qui est la sienne. »

En quoi consiste exactement votre rôle d’experte au sein de ce fond cinématographique ?

« Le rôle d’expert consiste à évaluer des projets classés dans différentes catégories, telles que la promotion, les festivals, le développement, l’éducation, etc. Le Fonds lance des appels à projets, les professionnels déposent leurs demandes et il revient aux experts de donner leur avis sur la viabilité et la qualité de ces projets. »