Un petit coin de terroir bourguignon au coeur de Prague

Фото: Вацлав Сигмунд
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Avis aux amateurs de gastronomie qui passeraient par la place Jungmann, à deux pas de la place Venceslas, ce vendredi 20 et ce samedi 21 mai : des producteurs bourguignons installent leurs stands et proposent à la dégustation et à la vente des produits du terroir. Entretien avec Franck Rousselet, directeur de la Maison de la Bourgogne, qui détaille l'origine du projet.

« L'intitulé exact, c'est le Marché du terroir bourguignon. C'est la première fois à Prague. Il y a deux maisons de Bourgogne à l'étranger, une à Mayence en Allemagne, et une à Prague. A Mayence, il y a une longue tradition : c'est déjà la huitième édition cette année. Tous les premiers week-ends du mois de juin, il y a un marché bourguignon où des producteurs du terroir, des quatre départements se déplacent pour vendre leurs produits, pour faire déguster leur production. L'idée a germé de proposer la même chose au public tchèque pour faire connaître et découvrir la région sous un autre jour, gastronomique, un peu plus ludique, plus agréable. »

Neuf producteurs sur les douze prévus au départ, qui présentent leurs vins, comme il se doit, pour une région de grande tradition vinicole, mais aussi d'autres produits tels que des liqueurs. Fromages fermiers de brebis, foies gras, magrets, rillettes, moutardes, biscuits sans oublier les incontournables escargots, seront au menu des produits proposés.

Opération séduction, donc, de la part de la Maison de Bourgogne pour attirer le promeneur amateur ou novice, tchèque ou francophone. Pourtant, les produits qu'on dit « du terroir » étant en général déjà plus chers en France, n'y a-t-il pas un risque d'avoir des tarifs peu abordables pour le pouvoir d'achat tchèque, c'est ce que j'ai demandé à Franck Rousselet :

« J'ai vu les tarifs pratiqués à Mayence en Allemagne. Ils sont aussi chers voire moins chers que les tarifs qu'on peut trouver en grande surface à Prague. J'ai déjà informé les producteurs en leur disant que le pouvoir d'achat tchèque n'était pas le pouvoir d'achat allemand. Ils ont consenti à réduire encore leurs prix. Je n'ai pas en tête tous les prix mais je sais qu'ils seront très abordables. Il y aura dégustation sur place, et puis pour ceux qui veulent rapporter chez eux des plats cuisinés, fromages et autres, il y aura donc la possibilité d'acheter auprès des producteurs. »

Franck Rousselet vit depuis 13 ans à Prague, et connaît bien le pays. Comment pense-t-il que le public tchèque peut réagir à ce marché typiquement bourguignon :

« De par ma propre expérience, le public tchèque est assez amateur de fromages fins, de charcuterie fine, donc je pense qu'ils vont bien réagir d'autant plus qu'il y a une connotation française. La France est quand même le pays de la gastronomie, peut-être pas LE pays, mais on est quand bien même placés. Il y a le côté intéressant, découverte... et puis le côté épicerie fine, je pense qu'on peut avoir du succès de ce côté-ci. »

Et qu'en est-il de la coopération entre la Bourgogne et de la Bohême centrale qui ont des liens historiques de longue date, qu'en est-il de l'avenir proche ?

« L'année prochaine ce sera le 15è anniversaire de la Maison de la Bourgogne à Prague, on est déjà en train de réfléchir à des manifestations un peu plus visibles, un peu plus concentrées. Justement, pour moi le marché bourguignon, c'est une peu une générale, peut-être avant une manifestation un peu plus importante de ce caractère l'année prochaine, si toutefois les producteurs sont contents, s'ils ont le désir de revenir, on pourra faire quelque chose en plus grand. »