Un point d'interrogation à propos de la mort de Jan Masaryk

Jan Masaryk dans le cercueil : les derniers adieux le 12/3/1948 (Photo: CTK)

Cinquante-quatre ans après la mort tragique de Jan Masaryk, le secret continue à planer sur les circonstances ayant entraîné sa chute de la fenêtre de son appartement. Le fils du fondateur de l'Etat tchécoslovaque et chef de la diplomatie d'après-guerre s'était-il donné la mort ou fut-il assassiné. Une nouvelle expertise privilégie la piste du meurtre. Astrid Hofmanova.

Jan Masaryk dans le cercueil : les derniers adieux le 12/3/1948 (Photo: CTK)
Le 10 mars 1948, le corps de Jan Masaryk, chef de la diplomatie tchécoslovaque à l'époque, a été trouvé sur les dalles, sous la fenêtre de sa salle de bain, palais Cernin. Depuis, trois versions de cette mort tragique ont surgi. Selon la première , Jan Masaryk se serait suicidé en réaction à la mauvaise situation politique après le putsch communiste, en février 1948. Cette version est appuyée aussi par le dernier secrétaire personnel de Jan Masaryk, le docteur Antonin Sum, je cite: «C'était une abnégation. Masaryk a voulu réveiller l'Occident pour orienter son attention sur ce qui se passe en Tchécoslovaquie après le putsch communiste».

Jan Masaryk (Photo: CTK)
La version du suicide a été mise en doute après 1989 lorsque plusieurs témoignages sont apparus, faisant entendre que Masaryk pouvait avoir été assassiné sur ordre ou directement par les agents des services secrets soviétiques. Selon cette version, Masaryk serait tombé de la fenêtre lorsqu'il voulait fuir la visite non désirée de cinq hommes. La troisième version, la plus partagée, penche pour un meurtre mais manque de preuves directes et convaincantes. Mais pourquoi les communistes voudraient-ils se débarrasser de Masaryk, dont ils avaient besoin comme étiquette de la démocratie, après le putsch communiste? Tout dernièrement, la théorie du meurtre a été appuyée par Jiri Straus, expert dans les trajectoires de la chute des corps. Selon lui, quelqu'un devait bousculer Masaryk, qui, autrement n'aurait pas pu tomber sur les pieds avec la tête intacte, et n'aurait pas pu non plus, tomber aussi loin du bâtiment, son corps ayant été retrouvé à 220 cm du mur.

Auteur: Astrid Hofmanová
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