UNICEF : depuis quinze ans, les poupées tchèques sauvent des enfants

Photo: ZŠ a MŠ Jesenice

Chaque année, environ 1,5 million d’enfants meurent faute de vaccination. Depuis quinze ans déjà, la branche tchèque de l’UNICEF s’efforce de changer cette situation grâce au projet « Adoptuj panenku, zachráníš dítě » (« Adopte une poupée et sauve un enfant »).

Photo: UNICEF
Mi-décembre, le Bâtiment national tchèque à New York a été le théâtre d’une exposition pour le moins exceptionnelle. Les objets exposés étaient en effet des poupées, créées pour la plupart par différentes personnalités tchèques, dans le cadre du projet « Adopte une poupée et sauve un enfant ».

Cette initiative caritative, lancée par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), vise à financer les différents programmes de vaccination des enfants issus des pays sous-développés, ne possédant pas un système de soins de santé approprié, contre six maladies infantiles mortelles : la rougeole, la diphtérie, la coqueluche, le tétanos, la tuberculose et la poliomyélite. Né en Italie, le projet s’est vite répandu dans d’autres pays du monde entier et permet de sauver chaque année des centaines de milliers d’enfants.

Photo: ZŠ a MŠ Jesenice
La branche tchèque de l’UNICEF s’est jointe au projet « Adopte une poupée et sauve un enfant » en 2002. La présidente de l’organisation, Pavla Gomba explique le principe de l’initiative :

« L’idée de base est très simple. Des enfants, des bénévoles, mais aussi des artistes et designers connus fabriquent des poupées. Chaque poupée possède un ‘acte de naissance’. Les poupées sont proposées à l’adoption pour une somme qui couvre les frais liés à la vaccination d’un enfant. On peut donc dire qu’une poupée adoptée équivaut à un enfant sauvé. »

Chaque poupée est originale, fabriquée à l’aide de différents matériaux et techniques. La personne qui adopte une poupée reçoit également une carte de vœux de l’UNICEF qu’elle enverra ensuite au créateur de la poupée pour lui faire savoir que « son enfant » a déjà trouvé « sa famille ». Mais il ne s’agit pas seulement d’un projet caritatif. Pavla Gomba souligne également son côté éducatif :

Pavla Gomba, photo: Alžběta Švarcová, ČRo
« Nous demandons aux enseignants de parler avec leurs élèves, pendant la création de la poupée, des droits de l’enfant et de la situation dans d’autres parties du monde, dans les zones de conflit ou les pays victimes d’une catastrophe naturelle. Ces enfants sont ainsi éduqués, de manière naturelle, à la solidarité et à l’humanité. »

Cette année, le projet « Adopte une poupée et sauve un enfant » s’est propagé depuis la République tchèque sur deux autres continents. En automne dernier, des poupées tchèques ont été présentées au Ghana, avant d’être exposées à New York à la mi-décembre dernier :

« Nous avons voulu présenter les meilleures et les plus belles poupées créées en République tchèque pendant les 15 ans du projet. Nous avons exposé par exemple les poupées de la modéliste Liběna Rochová, de l’architecte Eva Jiřičná, de la modéliste Tatiana Kovaříková, mais aussi du violoniste Pavel Šporcl ou du comédien Josef Dvořák qui ne travaillent normalement pas dans l’art plastique. »

Photo: UNICEF
Les poupées exposées sont ensuite vendues aux enchères. D’après Pavla Gomba, le gain de cette soirée spéciale à New York a devancé toutes les attentes. La somme collectée s’élève à presque 3 000 dollars, ce qui permettra de vacciner quelque 90 enfants :

« Ce qui m’a fait peut-être le plus plaisir, ce n’est pas la contribution financière du projet, même s’il s’agit d’un élément très important. C’est le nombre de gens qui ont participé à l’événement, notamment des gens issus de la communauté diplomatique et des Tchèques vivant à l’étranger, et qui ont décidé de se joindre au projet, de fabriquer des poupées et d’en parler aux autres. »

Depuis quinze ans, plus de 30 000 poupées ont été fabriquées et vendues en République tchèque, pour un montant total de près de 19 millions de couronnes (un peu plus de 742 000 euros). Cela a permis de vacciner 31 613 enfants dans les pays les plus pauvres.