Vaclav Havel et Bertrand Delanoë dévoilent une plaque en hommage à Pavel Tigrid

Pavel Tigrid

Direction Paris, avec une plaque en hommage à Pavel Tigrid officiellement dévoilée ce mardi. Alexis Rosenzweig était sur place, il nous a téléphoné juste avant la cérémonie:

Vaclav Havel et Ivana Tigrid, photo: CTK
C'est au numéro 30 rue Croix-des-Petits-Champs, dans le premier arrondissement de Paris, que se trouve cette plaque en mémoire de la revue Svedectvi (Témoignage en français) et de son fondateur, Pavel Tigrid. L'immeuble a servi de siège pendant dix ans à cette revue culturelle et politique, acheminée tous les trimestres clandestinement vers la Tchécoslovaquie. Une revue d'importance non négligeable dans l'histoire de la dissidence tchécoslovaque et qui dérangeait tellement le parti communiste de l'époque que même le comité central avait trouvé un moyen détourné pour s'y abonner.

Bertrand Delanoë avec le petit-fils de Pavel Tigrid, photo: CTK
Pavel Tigrid, né Pavel Schönfeld en 1917 à Prague, a dû fuir sa patrie à deux reprises, devant le nazisme d'abord, puis devant le communisme. Il a passé plus de quarante ans de sa vie en exil à lutter pour la liberté et la démocratie, en Angleterre, en Allemagne, aux Etats-Unis et enfin en France, où il est décédé en 2003, à l'âge de 86 ans. Sa veuve, Ivana Tigrid vit toujours en France. Nous lui avons demandé quelle était, pour elle, l'importance de la cérémonie d'aujourd'hui :

« Elle est énorme évidemment, parce qu'on m'a déjà informée qu'il y aura plusieurs amis de Prague qui viendront assister au dévoilement de cette plaque. Des amis personnels, mais surtout des amis qui ont travaillé avec mon mari, qui ont travaillé pour Svedectvi ».

Bertrand Delanoë, Pavel Fischer, Vaclav Havel, Ivana Tigrid, Alexandr Vondra, photo: CTK
Parmi ces amis, il y aura celui qui est certainement le plus célèbre d'entre eux, Vaclav Havel, l'ancien président dont Pavel Tigrid a été le conseiller, après la révolution de velours, avant devenir ministre de la Culture en 1994. Vaclav Havel, qui dévoilera la plaque en compagnie du maire de Paris, Bertrand Delanoë.

A noter que c'est le vice-Premier ministre Alexandr Vondra qui représentera le gouvernement tchèque lors de cette cérémonie. M. Vondra, ministre chargé des Affaires européennes, en a profité pour rencontrer son homologue française Catherine Colonna dans la matinée, avant de répondre aux questions de la presse française. Des questions qui, on s'en doute, porteront moins sur l'histoire de la dissidence tchécoslovaque que sur des thèmes de politique international, notamment sur le bouclier antimissile américain.