A Prague, le ministre des Affaires européennes défend l’offre nucléaire française

Lubomír Zaorálek et Thierry Repentin, photo: Robert Janás / MZV

Le ministre français chargé des Affaires européennes, Thierry Repentin a achevé ce jeudi sa visite de deux jours à Prague. Il a rencontré Lubomír Zaorálek, le ministre des Affaires étrangères et le secrétaire d’Etat pour les Affaires européennes Tomáš Prouza, ainsi que plusieurs experts des questions européennes. Ce jeudi, Thierry Repentin a également prononcé un discours sur l’avenir de l’UE devant les étudiants de l'Ecole supérieur de commerce (VŠE). A l’occasion d’une conférence de presse organisée à l’ambassade de France à Prague, Thierry Repentin est revenu sur les raisons de sa visite.

Lubomír Zaorálek et Thierry Repentin, photo: Robert Janás / MZV
« Ma présence ici est significative de la volonté du gouvernement français de renouer des liens d’une plus grande proximité avec ce pays avec lequel nous avons beaucoup d’intérêts, de traditions, de culture partagés, d’échanges économiques de haut niveau, puisque les entreprises françaises représentent ici à peu près 100 000 emplois ce qui n’est pas rien. On est le troisième investisseur étranger en République tchèque si on enlève les investissements des holdings qui sont au Luxembourg et aux Pays-Bas. »

Evidemment le ministre du gouvernement de Jean-Marc Ayrault ne veut pas se satisfaire de ce constat et il s’est attaché à promouvoir le nucléaire français, notamment auprès du chef de la diplomatie tchèque, le social-démocrate Lubomír Zaorálek. L’appel d’offres visant à achever la centrale nucléaire de Temelín, dont le groupe Areva avait été exclu, pourrait en effet être remis à plat et la firme française aurait alors nouvelle opportunité d’empocher un contrat estimé à plusieurs milliards d’euros. Thierry Repentin a insisté sur le caractère européen de l’offre d’Areva face à un groupe russe et à un autre américain. Il veut également inscrire cette possible coopération dans le cadre d’un accord de partenariat entre la France et la République tchèque dont les contours restent à définir :

« Dans le cadre du partenariat stratégique que nous souhaitons signer entre la France et la République sur la période 2014-2018 – il s’agira d’un partenariat sur cinq ans – nous voulons réaffirmer la vocation de la France en partenariat avec la République tchèque sur le développement du nucléaire y compris à Temelín. »

La centrale nucléaire de Temelín, photo: Filip Jandourek, ČRo
Sans aborder la question des dangers du nucléaire, que la catastrophe de Fukushima a bien illustré il y a trois ans de cela, le ministre Thierry Repentin considère lui que cette énergie doit être mobilisée dans la lutte contre le réchauffement climatique. Le climat, un sujet qui sera d’ailleurs le thème de la prochaine réunion du Conseil européen les 20 et 21 mars prochains, dont le ministre français et ses interlocuteurs tchèques ont évoqué la préparation. Thierry Repentin a ainsi présenté les objectifs de ce sommet :

« Nous considérons que la perspective d’un accord sur la limitation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère de moins 40% est un objectif sur lequel nous pouvons nous rassembler. Mais il y a également un objectif de consommation d’une part d’énergie renouvelable de l’ordre de 27% à l’échelle européenne sur lequel nous pouvons aussi nous rassembler. »

Sur ces questions, le ministre délégué aux Affaires européennes n’a pas manqué de souligner que la France appréciait la position nouvelle du gouvernement du social-démocrate Bohuslav Sobotka vis-à-vis de l’UE.

« Je viens à un moment où il y un changement de gouvernement dont nous percevons en France que l’ouverture sur une dynamique européenne est plus marquée que par le passé. Et donc, le ministre des Affaires européennes, que je suis, est évidemment très intéressé à cette perception que nous avons à travers un gouvernement, Monsieur Sobotka, qui envisage en tous cas des ouvertures sur des sujets que nous ne percevions pas auparavant comme la signature du TSCG et pourquoi pas, même si c’est loin, une adhésion à l’euro. »