Andrej Babiš victime d’une agression à coups de béquille lors d’un meeting électoral
Ancien Premier ministre et leader du mouvement d’opposition ANO, Andrej Babiš a été victime d’une attaque lundi pendant qu’il faisait campagne dans la région de Moravie-Silésie.
L’incident s’est déroulé dans la commune de Dobrá, près de Frýdek-Místek, dans la région où Andrej Babiš est tête de liste pour les élections législatives prévues dans un mois.
Alors que l’ex-Premier ministre participait à un meeting de campagne en plein-air de son mouvement ANO, un homme s’est apparemment approché de lui pour le frapper avec une béquille (une béquille d’avant bras appelée en tchèque une ‘béquille française’).
Plusieurs coups ont atteint la tête selon des témoins de la scène dont il n’y a, pour l’instant en tout cas, ni photos ni vidéos (Les premières images sont apparues sur les réseaux sociaux mardi, notamment ici).
Sur l’un des clichés diffusés lundi soir, on voit Andrej Babis être emmené par deux hommes qui sont vraisemblablement des professionnels de la sécurité.
Emmené à l’hôpital de Frýdek-Místek, le leader de l’opposition a envoyé un message sur les réseaux sociaux :
« Merci à tous pour votre soutien, j’espère que tout ira bien. Demain, j’attendrai encore une nouvelle évaluation des résultats des examens, mais les médecins m’ont recommandé du repos. C’est pourquoi je vais malheureusement devoir annuler au moins le programme de demain dans la région d’Olomouc. »
Ancienne ministre des Finances et vice-présidente du mouvement ANO, Alena Schillerová a réagi en fustigeant l’actuelle coalition au pouvoir :
« La haine que diffusent les partis gouvernementaux sur les panneaux d’affichage comme sur les réseaux sociaux a abouti aujourd’hui à une attaque contre Andrej Babiš. C’est la conséquence directe de leur campagne fondée sur la peur et la division. Le mouvement ANO poursuivra sa campagne de manière positive, sans stigmatisation ni intimidation, et nous appelons tous les partis et mouvements en Tchéquie à faire de même. »
De son côté, le Premier ministre Petr Fiala (ODS), a condamné toute violence :
« J’en appelle une nouvelle fois, à cette occasion, vraiment à tous : écoutons-nous les uns les autres, discutons ensemble, cherchons la bonne solution, mais rejetons la violence et l’agressivité. Une société qui agit de cette manière est dangereuse. Je ne sais pas dans quel état se trouve Andrej Babiš ; s’il est blessé, je lui souhaite un prompt rétablissement. Je suis prêt à me confronter à Andrej Babiš dans des débats télévisés, à opposer des arguments à sa politique, que je considère comme dangereuse, mais la violence n’a absolument pas sa place dans notre société. Gardons cela à l’esprit. »
Selon plusieurs médias tchèques, le suspect est un homme prénommé Vladislav qui habite une commune de la région où se déroulait le meeting. Sur les réseaux sociaux, cet individu avait apparemment l’habitude de critiquer Andrej Babiš sans ménagement, de ses liens troubles avec la StB communiste à l’histoire du groupe Agrofert qu’il a fondé. Il y dénonçait aussi les « dezoláty » pro-russes, à l’extrême-droite comme à l’extrême-gauche.
L’homme est soupçonné par la police non seulement de troubles à l’ordre public, mais aussi de coups et blessures. Mardi matin, il n’avait pas encore été inculpé.
« Je condamne un tel comportement comme lâche, car attaquer physiquement quelqu’un, et qui plus est par-derrière, est inadmissible, même dans la vie courante, et a fortiori en politique. Un tel acte est absolument inacceptable », a pour sa part indiqué le président tchèque Petr Pavel, actuellement en déplacement en Slovénie et qui a ajouté avoir été en contact direct via SMS avec Andrej Babiš après l’agression.
Mardi midi, ce dernier a diffusé une vidéo où il apparaît avec une partie du visage légèrement tuméfiée et dans laquelle il appelle ses propres supporters et électeurs « à ne pas s'abaisser à un tel niveau » et à rejeter toute forme de violence.
Et dans une autre vidéo, Novinky.cz diffusait mardi en début d'après-midi ce qui est présenté comme un entretien exclusif avec le suspect, qui dit « avoir pété les plombs » sur le moment.






