Anniversaire du 21 août 1968

Prague, août 1968

Le 21 août c'est le jour anniversaire de l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie. Un bref retour dans l'histoire par Alain Slivinsky.

Prague, août 1968
La Tchécoslovaquie vivait, dans la seconde moitié des années soixante, une période de dégel relatif, après de longues années, depuis la prise du pouvoir par les communistes, en 1948, de rigoureuse dictature. Tout avait commencé avec l'arrivée d'Alexander Dubcek à la tête du PCT, en janvier 1968. C'est au début de cette année que commença le Printemps de Prague, cette tentative de réformer le système communiste, de lui donner un visage humain, comme on a coutume de se rappeler cette période d'enthousiasme et d'élan pour un avenir plus démocratique. Il ne faut pas oublier, pourtant, que la Tchécoslovaquie était membre du Pacte de Varsovie et du bloc soviétique. En fait, elle était un vassal de Moscou. Il est clair que les directions des autres partis communistes des pays vivant derrière le rideau de fer, en premier lieu le PCUS, ne voyaient pas d'un bon oeil les réformes mis en marche par Dubcek et son équipe. Les mises en garde se multiplient, pour culminer, une heure avant minuit, le 20 août. C'est l'invasion ! Les unités militaires de 5 pays du Pacte de Varsovie, atterrissent à l'aéroport de Prague. Au total un demi-million de soldats a franchi les frontières de la Tchécoslovaquie. Aussitôt après le début de l'invasion, la direction du PCT lance un appel à la Radio, qualifiant l'intervention des forces du Pacte de Varsovie de contraire au droit international et invitant la population au calme. L'armée tchécoslovaque et les forces de sécurité sont impuissantes. Tout est pris en charge par l'occupant, en premier lieu le KGB et l'armée soviétique. Mais les Pragois, surtout, ne l'entendent pas ainsi, et bien que des manifestations et des heurts aient lieu dans d'autres villes, Bratislava surtout, en Slovaquie, les plus gros mouvements d'opposition ont lieu dans la capitale, Prague. Le 21 août, au matin, la première barricade est dressée à la sortie de la place Venceslas, en direction de la maison de la Radio. Des centaines de Tchèques tentent, avec leurs corps, de barrer la route aux chars soviétiques... en vain.

La place Venceslas, août 1968
Les bâtiments du Musée national et de la Radio reçoivent les premières balles. A 9 heures, la Radio est investie par l'occupant. Un premier mort, l'étudiant Jaroslav Zeleny. Le premier jour de l'occupation, 58 Tchécoslovaques sont tués. Sur la place Venceslas, a lieu un grand défilé, sous un drapeau ensanglanté, entouré des soldats soviétiques, des chars... Le 21 août au soir, le couvre-feu est décrété, interdiction de rassemblement, la censure est remise en vigueur. C'était le début de la sombre période de normalisation, de la soumission complète à l'Union soviétique. Le Printemps de Prague, cette timide tentative de donner un visage humain à la dictature communiste avait été noyée dans le sang... Les nouvelles études révèlent, en plus, que la direction du PCT était, probablement, bien informée de l'invasion, y compris le célèbre homme du Printemps de Prague, Alexander Dubcek. D'un autre côté, ses efforts de réforme étaient sincères. Mais comment réformer le communisme, une dictature ?