Appel des professionnels de la musique : diffusez des chansons tchèques !

Lucie Bílá, photo: Pavol Frešo, Flickr, CC BY 2.0

Les professionnels de l'industrie musicale tchèque ont demandé cette semaine aux médias locaux de diffuser davantage de musique locale pour aider les artistes privés de revenus à cause de l'interdiction des concerts pendant la période de la pandémie, dans une lettre ouverte publié mercredi.

Lucie Bílá, photo: Pavol Frešo, Flickr, CC BY 2.0
« Diffusons-la le plus possible dans les radios, les télévisions et les autres médias, notre musique a besoin de nous en ce moment », peut-on lire dans cette lettre publiée dans la presse par la branche tchèque de la Fédération internationale de l'industrie phonographique (IFPI) et une plateforme réunissant des éditeurs indépendants.

« Les musiciens ont été sortis par la pandémie des salles de concerts et des boîtes de nuit vers la solitude des studios de répétition dans la crainte du sort réservé à la saison des festivals d'été et à la musique live en général, mais ils continuent à jouer et à créer de nouvelles chansons », peut-on lire encore dans la lettre.

Est-ce que cela signifie que l’on va entendre davantage de Michal Hrůza, Lucie Bílá, Kabát, Monkey Business ou autre Prago Union sur les ondes ? Du côté de la radio publique, la direction indique que les stations régionales diffusent déjà 75% de musique tchèque. La station privée à la plus forte audience, Radio Impuls (qui fait partie du groupe fondé par l’actuel Premier ministre) fait quant à elle savoir que sa playlist est composée à 65% par des artistes nationaux.

La diffusion plus fréquente de musique tchèque est également réclamée par une initiative rassemblant plusieurs acteurs de la scène musicale nationale, dont des associations de festivals. L'un des plus grands festivals musicaux du pays, Rock for People, a d'ailleurs annoncé ce jeudi que son édition 2020 prévue en juin était annulée.

Photo illustrative: Jan Ptáček, ČRo
Citant en exemple les modèles français et slovaque, ils ont prôné début avril la mise en place d'un système de quotas de musique locale dans les médias afin de permettre entre autres « davantage de revenus liés aux droits d'auteur en faveur des auteurs et artistes nationaux ».

En parallèle, une nouvelle association de promoteurs et producteurs culturels (APPOK) vient d'être créée pour négocier directement avec le gouvernement l’aide financière et le futur système de financement de la culture.

« Si l'Etat ne nous aide pas, nous ferons faillite ou bien le montant de nos dettes ne sera pas remboursable de notre vivant », estime l'APPOK dans une lettre ouverte adressée récemment au ministre tchèque de la Culture. Le gouvernement tchèque a débloqué une aide d'environ 40 millions de couronnes mi-avril pour l'ensemble du secteur culturel - un montant très insuffisant pour bon nombre des acteurs directement concernés.