Après le scrutin sénatorial, les négociations pour la formation d'un cabinet recommencent

Source: CTK

Le Parti civique démocrate (ODS), formation de droite libérale, est sorti gagnant des élections sénatoriales. Et c'est ce même parti qui devrait recevoir une deuxième chance de composer le prochain cabinet.

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Trois messages principaux sont à retenir des élections sénatoriales 2006 en République tchèque, dont le deuxième tour a pris fin samedi : Pour la première fois dans l'histoire, l'ODS dispose de la majorité de sièges au Sénat. Cela lui permettra d'opposer son veto aux lois adoptées à la Chambre basse. Plus encore, l'ODS et la social-démocratie auront dans les deux chambres du parlement la majorité requise par la Constitution, majorité leur permettant de modifier la loi électorale et les articles de la Constitution. Des analystes y voient une grave menace pour l'équilibre du Sénat et son rôle de garant de la Constitution. Le dernier message du scrutin sénatorial, c'est la faible participation des électeurs, 21%.

Quelle sera donc la répartition des sièges à la Chambre haute du Parlement ? L'ODS, le grand gagnant, occupera 41 des 81 sièges. La social-démocratie (CSSD) aura 12 sénateurs, ce qui est aussi un succès par rapport aux 7 actuels. La KDU- CSL - parti chrétien démocrate - aura 11 sièges, le parti communiste, le plus grand perdant de ces élections, n'aura que 2 sièges et les Verts ont défendu un siège. Le reste sera occupé par des indépendants.

Mirek Topolanek, photo: CTK
Le triomphe de l'ODS a renforcé sa position et le président Vaclav Klaus a laissé entendre qu'il respecterait le choix des électeurs. Par la voix de son conseiller Ladislav Jakl, il a annoncé, dimanche, qu'il confierait à l'ODS la tâche de former le prochain gouvernement, sans indiquer toutefois explicitement si cette tâche incomberait à Mirek Topolanek. Les réactions à cette déclaration divergent, cinq mois après le scrutin législatif et l'échec du cabinet formé par l'ODS qui n'a pas obtenu la confiance des députés. Une proche sortie de crise ne se dessine pas, les partis semblant camper sur leur position. Le chef de l'ODS, Mirek Topolanek, est favorable à l'organisation d'élections législatives anticipées :

Jiri Paroubek, photo: CTK
« Nous avons dit clairement que notre scénario était la tenue d'élections anticipées. La priorité est de trouver un consensus sur la méthode pour y parvenir, et c'est seulement après que l'on pourra négocier de la formation du cabinet. En ce moment, la question du futur Premier ministre et du prochain gouvernement est secondaire. »

La social-démocratie est contre la tenue d'élections anticipées. Son chef Jiri Paroubek plaide pour la formation d'une grande coalition entre les deux grands, bien que sans lui :

« Nous négocierons des possibilités de coopération avec l'ODS, nous y sommes prêts mais pour ma part je dis que je n'y participerai pas. »

Pour l'instant donc, la seule entente trouvée entre les chefs des cinq partis représentés au Parlement est relative au soutien accordé au projet modifié de la loi soumis dimanche par les Verts, selon lequel il suffirait des 3/5 des voix de députés pour dissoudre la Chambre, mesure qui ouvrirait la voix à l'organisation d'élections anticipées. L'ODS compte sur la date de juin 2007.