Avec « Goût de France », la gastronomie française est célébrée aussi au pays du knedlík

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Bien sûr, selon le calendrier, le 21 mars marque d’abord le début, tant attendu dans un pays comme la République tchèque, du printemps. Mais ce lundi sera un jour un peu particulier aussi parce que se tiendra, un peu partout dans le monde, la deuxième édition de « Goût de France », dont l’objectif est de mettre à l’honneur la gastronomie française dans des restaurants des différents pays participant à la manifestation, parmi lesquels onze en République tchèque, soit sept de plus que l’année dernière.

« Goût de France » s’inspire directement du chef cuisinier Auguste Escoffier qui, en 1912, avait organisé « Les Dîners d’Epicure », dont le principe reposait sur la confection d’un même menu, le même jour, dans plusieurs villes du monde. Initié par le chef Alain Ducasse et le ministère des Affaires étrangères, « Goût de France » réunit plus de 1 600 chefs cette année. A travers ce projet, qui doit servir plus généralement à la promotion de la France en tant que destination touristique, il s’agit donc de mettre en avant l’art de la cuisine à la sauce française, mais aussi, à une échelle plus locale, de permettre aux chefs tchèques de mettre en valeur leurs traditions culinaires. Pour l’ambassadeur de France, Jean-Pierre Asvazadourian, « Goût de France » est avant tout un moyen de se retrouver et de partager un repas :

Jean-Pierre Asvazadourian, photo: Site officiel de l'Ambassade de France à Prague
« C’est une partie de notre culture. Les Français sont attachés à la gastronomie mais aussi à la qualité des produits, à leurs origines. Je crois que tout cela nous attache à la nourriture qui est un élément fondamental de la vie. Mais la gastronomie, c’est aussi être assis autour d’une table avec des gens, c’est discuter, c’est refaire le monde. Les Français adorent cela, comme les Tchèques aussi d’ailleurs. Qu’aime-t-on dans ce pays ? Le fait d’être dans un petit restaurant, c’est aussi partager un repas avec des amis et discuter de la vie. C’est vraiment quelque chose d’essentiel, qui est au cœur de nos existences. Par conséquent, mettre la gastronomie à l’honneur, c’est tout simplement dire que l’on a une longue culture dans ce domaine. On aime promouvoir la gastronomie française, mais on aime aussi celle des autres, parce que c’est un dialogue, un échange. Dans cette opération, ce qui est formidable finalement, c’est que le même jour, dans le monde entier, des restaurants serviront un repas sur un modèle identique. C’est sympathique de se dire qu’on sera à Prague et que ce jour-là, dans le monde, il y aura des gens autour d’une table en train de profiter des mêmes bonnes choses. »

Selon vous, la gastronomie française est-elle bien représentée en République tchèque ?

Goût de France en 2015, photo: Site officiel de l'Ambassade de France à Prague
« Elle est très bien représentée, on l’a vu aujourd’hui avec ces onze restaurants qui ont été retenus par le jury composé par des chefs qui se sont réunis pour donner le label « Goût de France ». Et ce que j’aime beaucoup, c’est de voir que ce sont des restaurants qui viennent de différents endroits du pays : Karlovy Vary (Bohême de l’Ouest), un petit restaurant qui vient de la région de la Vysočina (dans le centre de la République tchèque, ndlr). Ce n’est pas quelque chose qui est réservé à la capitale ou à certains milieux, on le voit par la diversité des restaurants, par le fait que des bistrots se soient joints à cette opération. C’est en effet sympathique : la nourriture de qualité est accessible quel que soit le niveau de vie et le lieu où l’on habite. Je crois que c’est un très bon message. Manifestement, il y a des restaurants qui s’intéressent à la gastronomie française en utilisant des produits locaux, des produits tchèques, c’est ça qui est sympathique. C’est un peu ce dialogue dont je parlais. »

Vous-même mangez-vous tchèque parfois ?

Zabijačka, photo: Jaroslava Indrová, ČRo
« Je mange tchèque même souvent. Quand on vit dans un pays, on ne vit pas dans une bulle. Un de mes grands plaisirs, c’est de m’enfuir de l’ambassade et, le soir, d’aller dîner dans un petit restaurant, voire dans une ‘pivnice’ (brasserie typiquement tchèque dans laquelle les gens se rendent essentiellement pour boire de la bière et, éventuellement, manger un plat généralement très simple, ndlr), manger des choses parfois simples mais que j’aime bien. J’aime beaucoup la nourriture tchèque et j’aime beaucoup les plats traditionnels, notamment la façon dont les Tchèques accommodent le gibier. J’aime beaucoup tout ce qui existe autour de la tradition du cochon, la ‘zabijačka’ par exemple (cochonnailles issues de l’abattage traditionnel d’un cochon, ndlr), tous les produits qui ressemblent beaucoup à ce que l’on peut faire en France. Avec une bonne bière ou un vin de Moravie, c’est bien agréable. »

Y a-t-il un plat français que vous affectionnez particulièrement ?

« J’aime bien les plats traditionnels, j’aime bien les choses très simples, une bonne entrecôte avec des frites, c’est parfois très dur à obtenir. C’est souvent les choses simples qu’on a envie de retrouver, d’abord parce que cela vous rappelle des souvenirs, d’autre part parce que c’est souvent ce qu’il y a de plus compliqué à trouver, car ce sont des bons produits et qu’il y a un savoir-faire derrière. »