Basket - Euroligue féminine : après Mondeville et Bourges, Valenciennes pour Brno en demi-finale

Brno - Bourges, photo: www.bkzabiny.cz

Brno a éliminé Bourges, merdredi dernier, en quart de finale de l'Euroligue de basket-ball féminine, en remportant le troisième match de la série d'un point (70-69). Vainqueurs du premier match disputé dans le Cher (62-59), les Tchèques s'étaient ensuite inclinées dans leur salle trois jours plus tard (65-75). Elles étaient donc contraintes de se rendre de nouveau en France pour une belle qui a tenu toutes ses promesses. Bien que très déçu par cette cruelle élimination face à une équipe morave vice-championne d'Europe en titre, l'entraîneur de Bourges, Pierre Vincent, a tout de même accepté de revenir pour Radio Prague sur ce duel passionnant entre deux des plus belles équipes féminines de basket en Europe :

-Vous avez rencontré à cinq reprises Brno cette saison. Tout d'abord deux fois lors du premier tour puisque vous faisiez partie du même groupe, puis ensuite trois fois en quart de finale. Avant cette belle, qui était fonc le cinquième match, chacune des deux équipes s'était imposée deux fois. Finalement, le dernier match a été gagné par Brno d'un petit point. Doit-on donc dire que c'est l'équipe la plus chanceuse qui s'est qualifiée ?

« Non. Je crois que c'est plutôt l'équipe la plus forte. Si on m'avait dit en début de saison qu'on battrait Brno, je n'y aurais pas vraiment cru, puisqu'on peut dire que Brno est pratiquement champion d'Europe en titre car c'est l'ossature de l'équipe nationale qui a été sacrée et qui est renforcée par de très bonnes joueuses étrangères. Pour moi, elles étaient donc les favorites de la compétition avec les Russes de Samara. Nous sommes déjà très satisfaits d'avoir pu les battre deux fois. Mais c'est vrai que nous avons été un peu malchanceux sur les deux rencontres à domicile en quart. A chaque fois, nous avons eu deux joueuses qui se sont blessées au bout de quelques minutes de jeu. Nous avons donc eu un peu moins de rotation et cela nous a coûté cher. Après, nous avons fait ce que nous avions à faire. Nous sommes passées à côté, mais la chance nous sourira peut-être la prochaine fois. »

-Sur l'ensemble des trois matches, puis dans les derniers instants de la belle, qu'a-t-il manqué à votre équipe pour faire pencher la balance en sa faveur ?

« Des joueuses de talent comme en ont les Tchèques. Nous avons une équipe qui est très petite en taille et nous sommes par conséquent obligés de laisser beaucoup d'énergie au niveau défensif et dans la lutte pour les prises de position préférentielle. Nous rendions dix à quinze centimètres et aussi entre dix et quinze kilos sur pratiquement tous les postes de jeu. Forcément, à un moment donné, ça use et puis en fin de match, nous sommes un peu moins lucides pour réussir. Il nous a manqué un peu d'adresse. Nous avons été meilleurs dans tous les compartiments collectifs du jeu, maintenant, ce sont les tirs que nous n'avons pas rentrés qui nous coûtent chers. Lors de la belle, nous avons fait deux ou trois erreurs défensives sur des pick and roll (situation de jeu lorsqu'un joueur non porteur de balle pose un écran sur un défenseur puis effectue un appel de balle juste après le passage du porteur pour le libérer de la défense et lui faciliter son shoot ou lui permettre d'attaquer l'axe en dribble, ndlr) qui leur donnent des paniers faciles et font la différence sur le match. Voilà... C'est ce qui fait aussi la beauté de ce sport-là : ça se joue souvent dans les dernières secondes et sur la qualité des tirs; et les Tchèques, quand il s'agit de qualités athlétiques et d'adresse, elles sont supérieures à tout le monde. Ce n'est pas pour rien que la République tchèque est championne d'Europe en titre. »

-Après avoir éliminé Mondeville en huitième de finale, puis Bourges en quart, Brno sera opposé en demi à Valenciennes, une autre équipe française que vous connaissez bien. Avez-vous un favori ?

« Non, je n'en ai pas. Je pense que Brno est supérieur, mais il nous était aussi largement supérieur. Après, ça se joue sur le terrain. Ce qui est sur le papier ne veut rien dire. Valenciennes est une équipe qui est beaucoup plus grande et qui a plus le profil pour contrer Brno avec des joueuses de grande taille et un vrai poste 5 (pivot) que nous n'avons pas. Ce sera donc un match intéressant entre deux équipes qui ont pratiquement les mêmes qualités. »

A noter encore que c'est Brno qui a hérité de l'organisation du Final Four, le tournoi final à quatre équipes, du 31 mars au 2 avril prochains.