Bruxelles: la République tchèque encore loin de l'euro

L’Euro, ce n’est pas pour demain : c’est en substance le message passé hier à Prague par la Commission européenne, qui estime que seule l’Estonie est en mesure d’adopter bientôt la monnaie unique européenne. D’autres pays, comme la Pologne ou la Hongrie, ne remplissent pas les critères qui leur permettraient de rejoindre l’eurozone dans les prochaines années.

Ce n’est pas vraiment une surprise au vu des finances publiques tchèques. La Commission estime qu’il faut réduire les dépenses et entreprendre une réforme du système des retraites. Le déficit public tchèque a atteint l’année dernière 5,9% du PIB et devrait encore atteindre 5,7% les deux prochaines années, au lieu des fameux 3% des critères de Maastricht.

L’exécutif européen, qui souhaiterait avoir un droit de regard sur les budgets nationaux avant qu’ils ne soient votés, reproche également à Prague l’absence de mesures précises. Des critiques que comprend le porte-parole du ministère tchèque des Finances, Ondřej Jakob :

« Nous sommes d’accord et ne contestons pas le fait que la République tchèque a besoin de profondes réformes structurelles et d’une réduction de son déficit. Dans le programme de convergence, le ministère des Finances n’a pas indiqué de mesures concrètes, parce que le gouvernement devra les préciser le plus tôt possible après les élections.

Photo: Commission européenne
Nous avons déjà préparé ces mesures, mais il faut attendre de voir les résultats pour savoir si un gouvernement pourra rapidement être formé. Sinon ce sera le gouvernement actuel qui communiquera ces mesures en juillet. »

La Banque centrale européenne s’est elle aussi montrée critique mercredi envers la République tchèque à cause notamment des pertes de sa banque centrale et du manque de normes législatives qui garantissent l’indépendance de cette institution.