Budget national : de l'argent en moins dans l'escarcelle

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La rentrée est aux portes et déjà les regards se tournent vers le point le plus sensible de l'économie nationale : la caisse. De la manière dont se présentent les choses, quelles que soient les acrobaties auxquelles se livrera le jeune et dynamique ministre des Finances, Pavel Mertlik, il empruntera sur l'avenir. Omar Mounir.

En effet, le mois de septembre pourrait apporter bien des changements dans l'état des prévisions budgétaires pour 2001, tels que Pavel Mertlik se les représente. C'est qu'à cette date, l'Institut tchèque des statistiques publiera le bilan de l'économie tchèque pour le second trimestre de l'année, ce qui pourrait alors donner une idée de l'évolution économique jusqu'à décembre. Si les prévisions sont favorables, le ministère des Finances pourrait majorer les affectations budgétaires en conséquences. Sinon, le déficit serait, théoriquement, à supporter par chaque poste budgétaire au prorata de sa dotation. Voilà l'expectative du moment, chacun espèrant gratter le maximum.

Pour une évaluation chiffrée, revenons aux espérances de l'heure. Elles reposent sur des prévisions datant de juillet. Et prévoient une augmentation du PNB, mais aussi des prix à la consommation de 4%, et une moyenne de chômage nationale qui ne saurait aller au-delà de 9,4%.

A côté de cela, les différents ministères et institutions publics consommateurs du budget réclament une augmentation totale de 94 milliards de couronnes, correspondant au moins à 15% des dépenses publiques de cette année. Leur donner satisfaction reviendrait à inscrire au prochain budget un déficit de 20 milliards de couronnes. Non pas pour solde de tout compte, mais pour répondre, si tout va bien, aux demandes de janvier 2001.

A ce couperet financier, s'ajoute un autre, politique cette fois. C'est que le gouvernement minoritaire de la social-démocratie, étant en concubinage politique avec l'ODS du libéral Vaclav Klaus, ce dernier exige, un budget équilibré, faute de quoi, ses députés ne le voteront pas. Comme la meilleure fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a, Mertlik ne peut équilibrer son budgétaire que par le recours à l'émission de bons du trésor et donc à l'emprunt sur l'avenir. Va-t-il satisfaire Vaclav Klaus ? La question se pose.

Cela dit, tout ne sera pas financièrement réglé pour autant. Il restera à éponger le déficit budgétaire de cette année, évalué, pour le moment et seulement pour le moment, à 35,2 milliards de couronnes. C'est dire qu'il est hors de question, pour M. Pavel Mertlik, de rembourser les pertes de la Konsolidacni banka, (Banque de consolidation), au titre du règlement des créances litigieuses ou tout simplement irrécouvrables dont l'Etat s'est porté garant, notamment à la Komercni banka (Banque commerciale) et dans le cas de l'IPB (Banque postale et d'investissements). Un autre emprunt sur l'avenir, donc, en attendant ces jours meilleurs dont tout le monde rêve.

Auteur: Omar Mounir
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