Caricatures du Prophète - échec des projets de la diplomatie tchèque à Bruxelles

Le chef de la diplomatie tchèque Cyril Svoboda, photo: CTK

A la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, le chef de la diplomatie tchèque, Cyril Svoboda, a présenté des projets concrets sur la manière dont l'Union devrait réagir aux protestations et violences qui ont fait suite, dans certains pays musulmans, à la publication des caricatures du Prophète. Il n'a pas été entendu.

Le chef de la diplomatie tchèque Cyril Svoboda, photo: CTK
Cyril Svoboda était arrivé à Bruxelles avec plusieurs projets. Il demandait, par exemple, que l'Union insiste sur les excuses des pays qui n'ont pas su protéger les missions diplomatiques du Danemark et d'autres pays membres de l'Union sur leurs territoires ou que le Danemark soit dédommagé pour les pertes financières qu'il subit en raison du boycott de ses produits par les pays arabes. D'après Cyril Svoboda, l'Union devrait réfléchir à la solution future de telles attaques. Il explique pourquoi :

« On doit discuter de ce thème car d'après moi, l'Union européenne tout comme l'Europe doit posséder ses valeurs, doit savoir les imposer. Et naturellement, elle doit oeuvrer pour que ces valeurs soient respectées. »

Le ministre tchèque a aussi proposé la création d'un fonds spécial d'aide aux pays qui seraient attaqués en raison des valeurs morales prônées par l'Union européenne. En fin de compte, le texte de la déclaration finale a été modifié plusieurs fois. D'une reconnaissance par l'Union que les caricatures étaient « offensantes » et avaient causé des « dommages psychiques » aux musulmans, des formulations acceptées même par le Danemark, mais refusées par les Pays-Bas et la Tchéquie, on est arrivé au compromis. L'Union a pris conscience que les caricatures « auraient pu causer des dommages psychiques et exprime ses regrets ». Les projets du ministre tchèque sur un éventuel dédommagement du Danemark ou autres n'ont pas reçu le soutien, à part celui de la Slovaquie, des autres membres. Pourtant, Cyril Svoboda n'était pas désabusé, à la suite de la réunion, il a déclaré qu'il en voulait seulement « un peu plus ». De toute manière, d'après lui, le plus important est que l'Union européenne ait condamné la violence et qu'elle n'ait pas directement présenté ses excuses pour la publication des caricatures, et de conclure : « Pour nous, la formulation de regrets est la plus acceptable. »