Cet automne, la Tchéquie va tester la vaccination contre la grippe en pharmacie
Le ministère tchèque de la Santé lance un programme pilote cet automne pour permettre aux gens de se faire vacciner contre la grippe en pharmacie. Une pratique déjà bien implantée dans une quinzaine de pays européens et qui vise à améliorer les taux de vaccination globaux. Une pratique déjà bien implantée dans une quinzaine de pays européens et qui vise à améliorer les taux de vaccination globaux.
Lors de la pandémie de Covid-19, la possibilité de se faire vacciner rapidement et facilement dans les centres commerciaux avait rencontré un succès certain. Si cette époque semble lointaine, les autorités sanitaires recommandent toujours la vaccination – notamment des populations à risque comme les seniors, et notamment contre la grippe saisonnière qui, elle, ne connaît pas de relâche et dont on oublie souvent qu’elle fait aussi chaque année des victimes. D’où l’idée de permettre aux gens de se faire vacciner dans certaines pharmacies des centres commerciaux, par exemple pendant leurs courses.
En coopération avec le réseau de pharmacies Benu, le ministère tchèque de la Santé lance un projet pilote à compter du mois d’octobre : la vaccination en pharmacie sera testée pour la première fois dans deux pharmacies pragoises, et dans une pharmacie des villes de Brno et d’Ostrava, avec des rendez-vous à prendre à partir du mois de septembre. Si toutefois des personnes se présentent sans rendez-vous, que le pharmacien en a le temps et que le vaccin contre la grippe à disposition, elles pourront être vaccinées. Ondřej Jakob est le porte-parole du ministère de la Santé :
« L’idée de ce projet pilote est avant tout de tester si la vaccination en pharmacie est quelque chose de faisable, sous quelle forme et aussi de déterminer si la population trouve un intérêt à ce type de vaccination accessible. »
Si cette pratique est une nouveauté en Tchéquie, elle est tout à fait courante dans d’autres pays de l’Union européenne : dans une quinzaine de pays dont la France et la Belgique, les pharmaciens peuvent vacciner contre la grippe ou le Covid dans leurs officines – et dans neuf de ces pays, dont la France, il est également possible de se faire administrer d’autres types de vaccins comme ceux nécessaires pour voyager, ou encore le tétanos, la coqueluche, l’encéphalite à tiques, les hépatites A et B, et bien d’autres encore.
Pour Aleš Krebs, président de la Chambre des pharmaciens, la vaccination en officines va devenir nécessaire et indispensable dans les années à venir en raison du vieillissement de la population.
« Je ne pense pas que le nombre de travailleurs du secteur médical va augmenter à l’avenir. Au contraire, les personnes issues de générations à la forte natalité vont progressivement partir à la retraite. Cela signifie qu’elles vont commencer à avoir besoin de plus de soins également. »
En Tchéquie, le nombre de personnes qui se font vacciner contre la grippe est nettement inférieur à la moyenne de l’UE. Seuls 5 à 8 % des Tchèques prennent le temps de se faire vacciner avant la saison grippale et, dans la tranche d’âge des 65 ans et plus, où l’objectif de l’UE est de 75 % des seniors, ce chiffre atteint à peine les 20 %.
Rendre la vaccination accessible et commode pour les patients est un des objectifs du ministère pour faire grimper le taux de vaccination. Pourtant, certains médecins généralistes restent sceptiques, comme l’illustre Jakub Šedivý, membre du comité de l’Association des médecins généralistes :
« Le vrai problème, c’est parce que les gens ne savent pas à quel point la vaccination est utile, surtout contre la grippe. C’est pour ça que la population n’en veut pas. On passe notre temps à essayer de convaincre les patients. Je pense qu’il n’y a aucune raison d’ouvrir d’autres centres de vaccination alors qu’on a déjà de grandes capacités d’accueil dans les cabinets médicaux. »
Pourtant, l’expérience de la vaccination en pharmacie à l’étranger montre que ce système a permis d’augmenter les taux de vaccination contre la grippe chez les personnes qui n’avaient pas été vaccinées l’année précédente et chez celles qui n’auraient pas été vaccinées autrement.
Une récente enquête a révélé que près de la moitié des pharmaciens tchèques seraient prêts à participer à la vaccination contre la grippe si la possibilité était mise en place à l’échelle du pays. La phase d’essai durera tout le mois d’octobre, avec une évaluation des résultats jusqu’à la fin de l’année 2025.






