« Champion des champions tchèques 2019 », Lukáš Krpálek veut être le premier à battre Teddy Riner

Lukáš Krpálek, photo: ČTK / Ondřej Deml

En décembre dernier, Lukáš Krpálek a été élu Sportif tchèque de l’année écoulée pour la deuxième fois de sa carrière. Déjà mis à l’honneur en 2016 suite à son sacre olympique à Rio, le meilleur judoka tchèque de l’histoire a récidivé en 2019 essentiellement grâce à son titre mondial décroché à Tokyo dans la catégorie reine des +100 kilos. Et à l’aube d’une nouvelle année olympique qui sera marquée aussi par la tenue des championnats d’Europe de judo à Prague en mai prochain (1er-3), un des principaux adversaires de l’ogre français Teddy Riner voit les choses en grand pour 2020 aussi.

Lukáš Krpálek, photo: Secretaria Especial do Esporte, Flickr, CC BY-NC-SA 2.0

« Le sport tchèque vit décidément des heures heureuses ces deux dernières semaines. Probablement même les plus heureuses et les plus fertiles de cette année 2019. En décembre prochain, lorsque viendra le moment d’élire comme de tradition le sportif et l’équipe tchèques de l’année écoulée, il ne faudra surtout pas oublier le titre mondial du judoka Lukáš Krpálek, décroché à Tokyo dans la catégorie reine des +100 kilos, et, donc, le parcours quasi inespéré de cette sélection tchèque de basket à la Coupe du monde », disions-nous sur Radio Prague International en septembre dernier (cf. : https://www.radio.cz/fr/rubrique/sport/basket-coupe-du-monde-le-reve-eveille-des-tcheques). A l’époque, les basketteurs emmenés par leur capitaine et meneur de jeu Tomáš Satoranský venaient de décrocher une qualification inattendue pour les quarts de finale d’un Mondial, dont ils ont finalement fini sixièmes, et ainsi d’écrire une des plus belles pages de l’histoire de leur sport en République tchèque.

Lukáš Krpálek, photo: ČTK / Ondřej Deml
Et nous ne nous sommes pas trompés puisque tandis que la sélection nationale de basket a bien été élue Meilleure équipe tchèque de l’année 2019, devant les footballeurs du Slavia Prague, Lukáš Krpálek, lui, a été désigné « champion des champions tchèques » lors d’une cérémonie qui s’est tenue à Prague le 20 décembre dernier :

« C’est quelque chose de magnifique ! C’est une immense récompense pour l’ensemble de l’année qui a été très exigeante. C’est la cerise sur le gâteau, mais aussi une grande source de motivation pour 2020 où les défis à relever seront immenses et où l’objectif sera de continuer à bien travailler et à gagner. »

Premier Tchèque de l’histoire sacré champion du monde de judo, en 2014 chez les moins de 100 kilos - une catégorie de poids dans laquelle il a également remporté trois titres européens -, Lukáš Krpálek est aussi devenu, l’été dernier, le premier judoka de l’histoire à s’imposer également à l’étage au-dessus, dans la catégorie reine des poids lourds, qui plus est sur les tatamis du mythique Nippon Budokan de Tokyo , là où se tiendra le tournoi olympique en août prochain.

« C’était mon plus grand rêve et j’ai réussi à le réaliser. J’ai remporté les titres de champion d’Europe et de champion du monde dans deux catégories différentes. Maintenant je veux finir en beauté avec les Jeux olympiques et évidemment avec les championnats d’Europe à domicile. Il me reste donc encore deux rêves à réaliser. »

Krpálek, un homme parmi les femmes

Le prix du Sportif tchèque de l’année, distinction attribuée depuis 1959 par le Club des journalistes sportifs, ne pouvait donc raisonnablement pas échapper à un Lukáš Krpálek, suivi du basketteur et meneur de jeu des Chicago Bulls Tomáš Satoranský et du joueur de hockey sur glace et attaquant des Boston Bruins David Pastrňák. Le succès de Lukáš Krpálek est d’autant plus remarquable que depuis le légendaire Jaromír Jágr en 2005, il est le seul sportif à avoir remporté cette traditionnelle enquête – à deux reprises, donc. Pour le reste, de la patineuse Martina Sáblíková (2007, 2009, 2010) à la tenniswoman Petra Kvitová (2011, 2014) en passant par les athlètes Barbora Špotáková (2008, 2012) et Zuzana Hejnová (2013, 2015) ou encore la skieuse et snowboardeuse Ester Ledecká avant lui en 2018, ce sont uniquement des sportives qui ont été coiffées de la couronne de « champion tchèque de l’année ».

Battre Riner, l’objectif ultime de Krpálek

Lors de son titre mondial à Tokyo, les médias français notamment n’ont pas manqué de souligner que Lukáš Krpálek s’était imposé en l’absence de Teddy Riner. Détenteur de deux titres olympiques et de dix autres mondiaux successifs, le Français, invaincu depuis plus de neuf ans, a dominé le Tchèque à deux reprises en 2019 dans autant de luttes de titans. D’abord à Montréal en juillet, puis à Brasilia en octobre. Pourtant, Lukáš Krpálek reste persuadé de disposer des armes nécessaires pour faire, un jour, tomber le monument français :

Lukáš Krpálek, photo: Fernando Frazão/Agência Brasil, Flickr, CC BY 2.0
« Je pense que je sais comment m’y prendre contre lui. Nous avons déjà combattu ensemble à plusieurs reprises et j’ai été en mesure de le mettre à terre et de l’inquiéter. Bien sûr, lui aussi m’a mis à terre à plusieurs reprises… En demi-finales du Grand Prix de Montréal en juillet dernier, il ne m’a battu qu’au Golden Score (équivalent d’une prolongation) et j’ai eu des chances de remporter le combat. Teddy Riner lui-même m’a confié que cela avait été un de ses combats les plus difficiles, ce qui m’a fait très plaisir. Ce n’est pas une obsession, plutôt une source de motivation, mais je veux être le premier à le battre. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai un peu modifié mon programme à l’automne dernier et participé au Grand Slam de Brasilia. Je voulais me frotter à lui et j’entends bien le battre un jour. »

Et il va sans dire que ne serait-ce qu’aux yeux de Lukáš Krpálek, très apprécié du grand public tchèque, le point d’orgue serait de réaliser l’exploit en finale du championnat d’Europe, devant son public à Prague, ou lors de l’ultime combat pour l’or olympique. Entre un Tchèque qui aurait alors l’occasion de devenir le premier judoka de l’histoire à réussir le doublé dans les catégories moins et plus de 100 kilos et un Teddy Riner qui, de son côté, pourrait devenir le premier à remporter quatre titres olympiques individuels aux Jeux, il s’agirait certainement d’un combat pour l’éternité.