Création d'une ligue d'élus tchèques contre le radar américain

r_2100x1400_radio_praha.png

Une "ligue" des maires des communes entourant le terrain militaire de Brdy : c'est la nouvelle initiative en date visant à empêcher l'installation d'une base radar sur le sol tchèque, prévue dans le cadre du bouclier antimissile américain en Europe centrale.

Une trentaine d'élus se sont déjà engagés depuis ce mercredi dans cette ligue, dont le coordinateur est le maire de la ville de Pribram, Josef Rihak, membre du parti d'opposition social-démocrate (CSSD) :

« C'est une initiative qui réunit les élus de la région réunis par un objectif commun : faire en sorte que la base radar américaine ne soit pas installée ici. Nous avons fondé cette ligue pour démentir les informations selon lesquelles les élus seraient prêts à accepter cette installation en échange d'investissements réalisés dans leur région. Nous avons également lancé une pétition pour les citoyens et les sympathisants de cette ligue. »

Tomas Klvana avec les maires des communes concernées, photo: CTK
Principale revendication de cette nouvelle ligue : être considérée comme un interlocuteur légitime du gouvernement dans les discussions. Pour Josef Rihak, discuter avec le « monsieur radar » du gouvernement, Tomas Klvana, n'est pas suffisant :

« Notre principal objectif est de négocier, mais de négocier avec des gens compétents. Je pense par exemple à la ministre de la Défense, au ministre des Affaires étrangères, ou à des experts indépendants. »

Les élus signataires du document fondateur de la ligue ont également appelé le gouvernement à inviter leurs six principaux représentants à la prochaine réunion sur le sujet, la semaine prochaine.

L'un des objectifs essentiels, rappelé par le maire de Trokavec, Jan Neoral, est l'organisation d'un référendum national sur la question. Et de rappeler que la dizaine de référendums locaux, comme celui organisé dans sa commune, se sont tous soldés par une très grande majorité de votes hostiles au projet américain.

Cette hostilité est-elle perçue et comprise à Washington ? C'est la question posée par la télévision publique à l'ambassadeur tchèque aux Etats-Unis, Petr Kolar :

« Evidemment qu'aux Etats-Unis sont suivis non seulement les avis du gouvernement mais aussi l'opinion publique tchèque. Et les habitants de la région de Brdy et leurs élus sont ceux que ce débat touche le plus, donc l'intérêt pour leur avis existe bien. Mais j'ajouterais que les réserves et les craintes des maires ne sont pas toujours comprises ici. J'espère qu'ils pourront les formuler clairement au gouvernement pour que celui-ci puisse transmettre le message à la partie américaine. »