De nouveaux cas de maltraitance animale découverts dans des élevages tchèques

Un récent reportage de la Télévision tchèque a mis en lumière de nouveaux cas de maltraitance animale dans des élevages. En réaction, l’Administration vétérinaire de Tchéquie a entamé en début de semaine une nouvelle tournée d’inspection dans de nombreuses fermes du pays.

Longtemps, la maltraitance animale n’a pas vraiment été un sujet en Tchéquie. Mais depuis quelques temps, grâce à des vidéos tournées secrètement par des associations de défense des animaux, le public tchèque a découvert que dans certains élevages du pays, des pratiques violentes avaient cours en toute impunité. Récemment, le magazine d’investigation de la Télévision tchèque Reportéři ČT était parti à la recherche des responsables d’incidents drastiques mis en lumière par l’ONG Zvířata nejíme (Nous ne mangeons pas d’animaux) qui, sur deux ans, a réussi à filmer secrètement les conditions de vie des vaches dans une douzaine d’élevages.

Coups de pied infligés à des veaux tout juste nés, vache malade enchaînée par le cou et tirée en tracteur, animaux frappés : grâce à un caméraman infiltré dans un élevage, la Télévision tchèque a pu, à son tour, vérifier que dans de nombreuses fermes la cruauté envers les animaux n’était pas une affaire de cas isolés.

L’un des élevages qui apparaît dans le reportage se trouve dans la région de la Vysočina : ici, comme dans d’autres fermes du coin, les investissements sont en plein boom. Ces dernières années, la coopérative agricole a investi des centaines de millions de couronnes dans la modernisation de son équipement, avec la construction de nouvelles étables et l’installation d’une ligne de traite semi-automatique. Mais malgré ces avancées techniques, c’est également là que se sont déroulés des incidents rapportés dans le magazine d’investigation. L’employé soupçonné de maltraitance a immédiatement été renvoyé comme le souligne Karel Vašourek, président de la coopérative :

« Dès que nous l’avons appris, nous avons immédiatement discuté avec l’ensemble du personnel vétérinaire de l’introduction d’un code de déontologie que chaque travailleur doit désormais signer. Toute violation de ce code entraîne un licenciement immédiat. La personne en question était un travailleur recruté via une agence qui travaillait chez nous depuis peu. Dès que nous avons eu connaissance de ces actes de cruauté, nous l’avons licencié. »

Alors que ces dernières années, en France, les scandales de maltraitance animale dans les élevages se sont multipliés suite à la publication de vidéos choquantes par l’association de défense des animaux L214, ce type d’actions coup de poing est assez nouveau en Tchéquie : l’impact de la diffusion d’images d’une rare violence par l’association Zvířata nejíme avait alors entraîné la saisie immédiate des autorités vétérinaires tchèques qui ont lancé une importante tournée d’inspections dans des dizaines d’élevages du pays.

A la fin de l’année dernière, les inspecteurs ont notamment contrôlé 19 élevages, principalement dans la région de la Vysočina, où ils ont découvert plusieurs violations graves sur la base de vidéos publiées par des défenseurs des animaux. Dans neuf cas, des infractions ont été constatées, comme le note Petr Vorlíček, porte-parole de l’Administration vétérinaire :

« Les trois cas les plus graves ont été transmis à la police car, selon nous, il s’agit là d’une violation évidente de la loi sur la protection des animaux. »

Les autorités vétérinaires soulignent que les élevages qui tolèrent des pratiques de maltraitance animale s’exposent à de lourdes sanctions, comme le rappelle Zbyněk Semerád, directeur de l’Administration vétérinaire de Tchéquie :

« En vertu de la loi sur la protection contre la cruauté envers les animaux, s’il est prouvé que des actes de cruauté ont été commis dans des élevages, qu’il s’agisse de personnes morales ou physiques, ces dernières s’exposent à des sanctions pouvant aller jusqu’à trois millions de couronnes. Si la maltraitance est prouvée chez un particulier, la sanction peut atteindre un million de couronnes. Mais dans certaines circonstances, comme dans le cas de manipulation des chargeurs, il peut même s’agir d’une infraction pénale et une plainte peut être déposée auprès de la police pour qu’elle ouvre une enquête. »

Les associations de défense des animaux réclament l’extension de la présence de caméras dans les abattoirs, pour permettre de réduire les cas de cruauté. Un projet d’amendement à la loi vétérinaire prévoit la présence de caméras dans les zones désignées pour le déchargement et le rechargement des animaux, mais les associations estiment que cela contribue à déplacer les actes de cruauté vers des zones non surveillées. Des systèmes de vidéosurveillance obligatoires dans les abattoirs sont en place dans plusieurs pays européens comme l’Angleterre, l’Écosse et l’Espagne, où les associations de défense des animaux affirment qu’ils ont contribué à réduire de manière significative le nombre de cas de maltraitance.

Auteur: Anna Kubišta | Sources: iROZHLAS.cz , ČT24
mot-clé:
lancer la lecture