La Tchéquie face à la peste porcine africaine

Photo: ČTK

La peste est de retour en République tchèque, en tout cas la peste porcine africaine. Inoffensive pour l’homme, la maladie, apparue sur le territoire tchèque au mois de juin, est en revanche très contagieuse pour les populations porcines et elle est presque toujours mortelle pour les animaux contaminés. Pour lutter contre sa propagation, les autorités tchèques ont décidé jeudi de prendre des mesures exceptionnelles.

Comme son nom l’indique, la peste porcine africaine a d’abord été une maladie observée uniquement en Afrique. A partir des années 1960, elle a fait son apparition dans les pays sud-européens et la voici désormais en Europe centrale. La Pologne y a été confrontée l’année dernière et un premier cas a donc été constaté en Tchéquie à la fin de ce mois de juin, sans que l’origine de la maladie n’ait pu être déterminée. Depuis, elle se propage rapidement, en particulier au sud-est de la Moravie, aux alentours de Zlín, et l’Administration vétérinaire tchèque ne prend pas la chose à la légère. Zbyněk Semerád, son directeur, fait le point :

« La situation est véritablement très sérieuse. Nous venons d’obtenir la confirmation de nouveaux cas dans la même zone, dans la région de Zlín, et nous avons à l’heure actuelle un total de 31 animaux contaminés. Il est donc clair que l’infection est bien là et seule la réduction drastique de la population des sangliers pourra éviter de nouvelles contaminations. »

Depuis plusieurs années, la Tchéquie est confrontée à la surpopulation des sangliers. Ce n’est pas sans poser problème : ces créatures, chères au cœur d’Obélix, endommagent les récoltes et, dans la situation actuelle, leur surnombre facilite la propagation de l’épidémie. C’est la raison pour laquelle ils sont particulièrement visés par les mesures exceptionnelles annoncées par les autorités vétérinaires tchèques ce jeudi.

Marian Jurečka et Zbyněk Semerád, photo: ČTK
Sur tout un territoire du sud-est de la Moravie, grossièrement limité par les autoroutes D1 et D2, ainsi que par les frontières avec la Pologne et la Slovaquie, les chasseurs et les gardes-chasses sont encouragés à abattre les sangliers. Ils peuvent avoir recours à des méthodes de chasse normalement interdites, par exemple à l’utilisation de lunettes de vision nocturne. Le ministre de l’Agriculture Marian Jurečka s’est exprimé en conférence de presse depuis Zlín :

« Dans toute cette zone, nous mettons en place un dispositif exceptionnel pour les techniques de chasse afin que les gardes-chasses aient la possibilité de faire effectivement baisser significativement la population des sangliers. De surcroît, nous soutenons cet effort avec des mesures incitatives puisqu’une prime de 1000 couronnes sera accordée pour chaque sanglier abattu sans égard à sa catégorie. »

D’autres mesures concernent les éleveurs actifs sur ce même territoire, et en particulier les plus modestes d’entre eux. Zbyněk Semerád explique pourquoi :

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« L’infection se propage très rapidement et je dois dire qu’il est fréquent que, dans les petits élevages, les animaux soient nourris avec du fourrage vert et de la paille. S’il y a des sangliers dans les parages, ils peuvent être attirés par cette nourriture et la maladie peut sans problème contaminer l’élevage. »

Dans les porcheries industrielles, la législation prévoit déjà des mesures d’hygiène très strictes. Les éleveurs moins importants sont quant à eux confrontés à un choix : soit ils respectent un certain nombre de conditions, ou bien leurs animaux devront être abattus avant la fin du mois de juillet. Les contrevenants chez lesquels un animal serait diagnostiqué malade s’exposent à une amende de 50 000 couronnes, quelque 1 900 euros.