Des chercheurs de Brno sur les traces du Commandant Cousteau

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Une équipe de six scientifiques tchèques de la faculté des sciences naturelles de l'université Masaryk de Brno est en ce moment, et pour un mois, en Antarctique. Leur objectif: trouver l'endroit idéal pour que naisse la première base de recherches tchèque. Guillaume Narguet.

Au début des années 70, le Commandant Cousteau nous emmène, à bord de son bateau la Calypso, pour une croisière périlleuse qui restera à jamais gravée dans l'histoire de la cinématographie. Au grand public se révèle alors, grâce à des images de toute beauté, un continent immense et préservé: l'Antarctique. Mais l'émotion passée, c'est aussi la prise de conscience d'un écosystème fragile et de l'importance de cette grande réserve d'eau douce formant un immense réfrigérateur essentiel à la régulation thermique de notre planète. En 1991, le continent blanc est déclaré réserve naturelle, terre de science.

En 2005 devrait donc voir le jour en Antarctique une base de recherches tchèque qui permettra d'observer les variations du climat antarctique, ainsi que l'évolution des végétaux qui ne trouvent vie qu'en de rares oasis. Les scientifiques de Brno avaient commencé à se consacrer à l'étude du microclimat dès 1994 sur l'archipel des Shetlands du Sud, après avoir achevé un projet identique en Arctique. D'ici à quatre ans se verra monter en République tchèque une station d'un montant de 48 millions de couronnes (1,5 million d'euros) qui, une fois achevée, sera transférée en Antarctique. Elle sera exclusivement employée l'été, saison pendant laquelle pourront y séjourner jusqu'à dix chercheurs.

En attendant, pour cette fois-ci, les scientifiques se sont divisés en trois groupes. Le premier voyage sur un bateau ukrainien le long des côtes antarctiques à la recherche d'un emplacement pour la station. Le deuxième s'est installé sur une base péruvienne afin de mesurer le microclimat et d'observer la vie des algues, de la mousse et des lichens. Enfin, le troisième, dans une station ukrainienne, se consacre à l'étude des algues dans les biotopes marins et installe le dispositif nécessaire à la prise de température et à la mesure de l'intensité du rayonnement du soleil.

Les résultats de ces recherches devraient aider à expliquer les conséquences du réchauffement de la planète sur le climat et les végétaux en Antarctique. Les scientifiques suivent aussi la formation d'un nouveau tapis végétal provoquée par la fonte des glaciers. Enfin, en dehors de la météo, ils examinent la résistance des végétaux dans des conditions climatiques extrêmes. Bref, des nouvelles qui doivent ravir le Commandant, à coup sûr toujours à la barre de ces expéditions.