Des mesures d'urgence dans les banques et le transport aérien

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Deux domaines des plus sensibles dans l'état de crise actuel : le secteur bancaire et le transport aérien. Le gouvernement tchèque vient d'y prendre des mesures d'urgence. Les détails avec Omar Mounir.

Selon le quotidien Pravo, livraison de ce jeudi, les banques nationales auraient reçu, au début de cette semaine, la liste des personnalités sanctionnées dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et titulaires de comptes dans ces banques. Le quotidien tchèque précise que c'est l'association bancaire qui avait fourni ces listes, obtenues par des voies non officielles qui devraient rester secrètes. En revanche, il est officiellement interdit d'opérer librement des opérations sur les comptes incriminées.

Tout retrait devrait se faire, selon une procédure arrêtée par le ministère des Finances et déjà fournie aux banques. Obligation leur est faite de faire usage, dans ce cadre précis, du pouvoir que leur confère la loi, à savoir bloquer, pendant une journée, toute opération sollicitée sur les comptes incriminés, et en informer le département des analyses financières au ministère des Finances. Il est, à son tour, habilité à bloquer l'opération pendant 48 heures et à déférer, le cas échéant, l'affaire aux tribunaux, lesquels ont compétence de prononcer le blocage définitif.

Par ailleurs, le gouvernement a adopté, ce mercredi, un projet de loi accordant, à toutes les compagnies aériennes nationales, une garantie étatique pour les dommages qu'ils subiraient en cas de diminution de trafic liée à un conflit armé. Cette garantie pourrait atteindre 500 millions de dollars. Le gouvernement s'est trouvé contraint à cette extrémité, d'abord parce que les assurances ont commencé à dénoncer certaines clauses liées au risque de guerre ; ensuite, parce que les Etats n'autorisent pas le survol de leurs territoires par les avions insuffisamment assurés. Il est attendu à ce que le Parlement adopte, à son tour, cette loi, dans les meilleurs délais.

Mais les assureurs aériens ne se sont pas arrêtés là. Se prévalant de l'aggravation du risque, ils ont demandé aux compagnies d'imposer une "taxe d'assurance" à concurrence de 2,40 dollars, soit quelque 70 couronnes, par billet. Cette taxe serait destinée à renforcer la couverture des compagnies pour les dommages causés aux passagers et aux tiers, en cas d'accident découlant d'un conflit armé ou d'une action terroriste. Jusqu'à présent, en tout cas, le prix du billet reste le même sur les vols de la compagnie tchèque CSA.

En revanche la compagnie aérienne CSA a demandé à ses pilotes, qui ont obtenu une augmentation des salaires de 30% au mois de septembre, de revoir à la baisse cet acquis, en raison de la situation.

Auteur: Omar Mounir
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