Dette publique : les investisseurs étrangers prêtent à la République tchèque à des taux négatifs

Photo: Barbora Kmentová

Bien qu’elle compte parmi les pays les moins endettés de l’Union européenne selon Eurostat, la République tchèque a vu le montant de sa dette publique légèrement augmenter en 2015. Selon les chiffres communiqués par le ministre des Finances ce vendredi, il s’est élevé à 1 673 milliards de couronnes (près de 62 milliards d’euros), soit 9,3 milliards de couronnes de plus (345 millions d’euros) qu’à la fin de l’année 2014.

Photo: Barbora Kmentová
Cette somme totale représente une dette de 159 000 couronnes (5 890 euros) par habitant. En 2014, la République tchèque était parvenue à réduire sa dette publique d’environ 20 milliards de couronnes (près de 730 millions d’euros), soit la première réduction enregistrée depuis 1995. En 2014, le ratio de la dette publique par rapport au PIB avait diminué en passant de 45,18% en 2013 à 42,75%. Avant cela, en juin 2012, pour la première fois dans l’histoire du pays, le montant de la dette de l’Etat avait dépassé la limite des 40 % du produit intérieur brut (PIB). Toutefois, déjà en 2013, le montant de la dette n’avait augmenté que de 16 milliards de couronnes (581 millions d’euros), soit la hausse la moins importante depuis 1996.

Selon le ministère des Finances, l’augmentation de la dette en 2015 s’explique par la volonté de vendre plus d’obligations. En effet, l’Etat tchèque vend actuellement celles-ci à des taux d’intérêt négatifs, ce qui signifie que les investisseurs ou créanciers le paient pour lui prêter de l’argent… C’est là une aubaine pour les comptes publics : selon le ministre Andrej Babiš, ces taux négatifs ont représenté un revenu supplémentaire de 413,7 millions de couronnes (15,3 millions d’euros) pour le budget. Mercredi dernier encore, le taux d’intérêt moyen sur ces titres était de -0,16% pour les obligations de deux ans, ce qui n’a pas empêché leur vente pour un montant de 9,2 milliards de couronnes (340 millions d’euros).