Drogues en Europe : la Tchéquie en tête pour la consommation de méthamphétamine
Cette nouvelle revue de presse se penche d’abord sur l’intérêt particulier des Tchèques pour une série documentaire télévisée consacrée à la noblesse tchèque. À son menu également : une réaction au décès de Lionel Jospin, une comparaison des économies tchèque et slovaque, les tentatives d’affaiblissement des médias de service public, la Tchéquie sur la carte de drogues.
La série documentaire de la Télévision tchèque Modrá krev (Le sang bleu) consacrée au passé et au présent de différentes familles de la noblesse tchèque écrase en termes d’audience les émissions bien établies, ainsi que celles de téléréalité des chaînes privées. Son présentateur, František Kinsky, descendant lui-même d’une célèbre famille noble, est devenu dès lors une véritable célébrité. « Que se cache-t-il derrière cette fascination ? », s’interroge le chroniqueur du journal en ligne Hlídacípes.org:
« Chaque mercredi soir, les Tchèques sont nombreux à regarder une émission qui, par nature, devrait plutôt s’adresser à un petit groupe de personnes intéressées par l’histoire tchèque. Ils se disent peut-être qu’au moins dans les relations entre les descendants de la noblesse sont régies par la sincérité, que la parole est respectée, que les promesses sont tenues et que la confiance règne. Une chose qui se fait rare dans le monde d’aujourd’hui tout comme la responsabilité envers soi-même, envers ses proches, envers la société tout entière. Une chose à laquelle on peut s’accrocher, ne serait-ce qu’un instant, devant la télévision. Certes, les gens apprécient aussi un aspect assez superficiel : les vêtements. Le spectateur s’attend à l’archétype de l’aristocrate élégant et c’est ce qu’il obtient. Il obtient ainsi ce qui lui manque dans la vie réelle. »
Un souffle d’histoire est alors, paradoxalement, aussi un souffle d’air frais :
« Même si les titres nobiliaires ont été officiellement abolis par la loi il y a longtemps, nous ressentons une appartenance aux descendants des familles nobles et nous aimons les regarder. La popularité de Modrá krev peut donc être interprétée comme un appel à une noblesse en voie de disparition, comme une recherche de l’honnêteté, de l’empathie, de la justice, du courage et de la sagesse. »
Le départ de Lionel Jospin
Outre les résultats des élections municipales, le décès de Lionel Jospin, à l’âge de 88 ans, est un autre événement de l’actualité française que les médias tchèques ont retenu cette semaine. « Lionel Jospin s’est imposé dans la politique française comme l’un des Premiers ministres les plus solides et les plus honnêtes de la Ve République. C'était un socialiste classique à l’ancienne, comme on n'en voit plus depuis longtemps », indique, par exemple, un éditorialiste du site info.cz qui y ajoute sa confession personnelle :
« La nouvelle, dimanche, du décès de Lionel Jospin m’a rempli d’une sincère tristesse et de beaucoup de nostalgie pour une époque où la haute politique, sans vouloir idéaliser les années 1980 et 1990, était loin d’être aussi déchaînée qu’aujourd’hui. Parmi les plus hauts responsables politiques de l’époque, on trouvait des personnes profondément convaincues de la justesse de leur vision du monde, mais également disposées et capables de discuter avec leurs adversaires politiques sans nécessairement les dénigrer, les humilier ou les qualifier d’ennemis. Lionel Jospin, grand socialiste français, faisait partie de ces hommes politiques. La France et le monde étaient, à tous égards, meilleurs avec lui qu’ils ne le sont sans lui. »
L’économie tchèque face à l’économie slovaque
Le quotidien Hospodářské noviny dresse une comparaison entre les économies tchèque et slovaque. L’occasion de constater que « l’année dernière, l’économie tchèque a progressé trois fois plus vite que celle de la Slovaquie, son pays voisin le plus proche, et que la tendance ne devrait pas s’inverser cette année non plus » :
« Alors que l’économie tchèque figurait parmi celles qui ont connu la croissance la plus rapide parmi les pays développés, et pas seulement au sein de l’Union européenne, l’économie slovaque a en fait stagné. Et nous devrions observer une évolution similaire cette année, comme le laissent présager les prévisions de diverses institutions. Le produit intérieur brut de la République tchèque a augmenté de 2,6 % en glissement annuel l’année dernière. Cette croissance solide s’explique principalement par les investissements, qui ont augmenté de 5,3 % en glissement annuel, mais aussi par la consommation des ménages, qui a progressé de plus de 3 %. Cette année sera également marquée par une croissance du PIB bien supérieure à 2 %. »
Le journal économique ajoute que les deux économies, tchèque et slovaque, se caractérisent par leur petite taille et leur ouverture, ce qui les rend relativement sensibles à l’évolution de la situation à l’étranger. Or, le conflit armé au Moyen-Orient risque de les toucher sous la forme d’une hausse durable des prix des matières premières énergétiques, ce qui pourrait accroître les pressions inflationnistes et freiner la croissance économique dans les deux pays.
A qui servira l’affaiblissement des médias de service public
« La tentative de démantèlement des médias publics est en marche », est le titre d’un signé par le rédacteur en chef de l’hebdomadaire Respekt qui réagit au projet envisagé par la coalition gouvernementale en passe d’être soumis à la Chambre des députés. Celui-ci stipule qu’à partir du mois de juillet, les personnes de plus de 75 ans, les étudiants et les entreprises, entre autres, ne devront plus payer les redevances radio et télévision. « Cela entraînera une baisse significative des recettes, dont l’ampleur est actuellement en cours d’évaluation par les deux institutions », écrit-il avant d’expliquer :
« Les deux institutions de service public travaillent avec des budgets approuvés, leurs projets préparés s’étendant sur plusieurs années. Leur planification reposait sur l’augmentation des redevances adoptées l’année dernière. Si un manque de financement survient soudainement et aussi rapidement, cela peut provoquer un effondrement. Et la direction de la télévision et de la radio en portera la responsabilité, ce qui servira aux politiciens pour affaiblir davantage les médias. Il ne s’agit là que d’une première étape, car les redevances doivent ensuite être supprimées complètement et les médias transférés sous le budget de l’État. Il s’agit ni plus ni moins que d’une tentative de détruire les médias de service public. »
« La proposition n’a fait l’objet d’aucun débat d’experts, il ne s’agit même pas d’un projet de loi du gouvernement, on opte à nouveau pour la voie d’une proposition parlementaire », souligne encore l’éditorialiste de Respekt selon lequel « il s'agit tout simplement d’un attentat politique contre les médias de service public. » Il estime pourtant que les partis au pouvoir n’ont aucune raison de se plaindre, car en fait ces deux institutions ne leur nuisent en rien.
La Tchéquie sur la carte des drogues
Six villes tchèques, Prague, Brno, České Budějovice, Karlovy Vary, Plzeň et Ústí nad Labem, ont été impliquées dans la dernière analyse de l’Agence des drogues de l’Union européenne (EUDA) qui porte sur l’année dernière et qui concerne 115 villes dans 25 pays européens. Elle s’est concentrée sur l’amphétamine, la cocaïne, la méthamphétamine, la MDMA, la kétamine et le cannabis. Le site Aktualne.cz indique à ce propos que la Tchéquie occupe une place particulière sur la carte de la consommation de drogues que l’agence a établie :
« La caractéristique la plus marquante du monde de la drogue tchèque est la consommation élevée et durable de méthamphétamine, connue sous le nom de pervitin. Selon l’analyse des eaux usées européennes, la concentration de cette drogue dans les villes tchèques est parmi les plus élevées d’Europe. Les villes tchèques occupent d’ailleurs les cinq premières places du classement européen de la consommation de pervitin. Point étonnant que c’est Prague qui se détache sur cette carte. Les eaux usées de la capitale révèlent des concentrations élevées de cocaïne, une drogue associée à la vie nocturne, au tourisme et à un pouvoir d’achat plus élevé. »
Aktualne.cz précise que la capitale est également en tête à l’échelle nationale pour la consommation de MDMA, sa consommation y étant plus de deux fois supérieure à celle des autres villes tchèques. Dans l’ensemble, cependant, la MDMA est plutôt en recul. S’agissant de cannabis, c’est à České Budějovice, étonnamment, que les chercheurs ont identifié la consommation la plus élevée en Tchéquie.






