Ebola : intensification des contrôles des passagers aux aéroports tchèques

L'étudiant ghanéen été conduit ce week-end sous un sac plastique dans un hôpital de la capitale tchèque, photo: ČT24

A l’instar de la plupart des pays européens, la République tchèque intensifie ses mesures de prévention contre la propagation du virus Ebola. Le Conseil de sécurité de l’Etat a décidé ce mercredi d’instaurer des contrôles de tous les passagers de vols internationaux atterrissant à l’aéroport Václav Havel de Prague. Une lutte contre le virus qui ne se déroule pas sans certains accros. Ainsi un étudiant ghanéen potentiellement atteint de la maladie été conduit ce week-end sous un sac plastique dans un hôpital de la capitale tchèque. Il n’avait rien et l’ambassade de son pays veut porter plainte pour traitement inhumain.

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Des procédures de screening des passagers devraient s’appliquer dès mardi 21 octobre. Parallèlement, le Conseil de sécurité de l’Etat a également décidé de la mise en service du centre miliaire de biodéfense, implanté à Těchonín dans la région de Pardubice, où seraient éventuellement transférées les personnes atteintes du virus Ebola. L’épidémie se propage rapidement en Afrique de l’Ouest avec pour l’heure 9000 personnes infectées et 4500 décès. A ce propos, le Premier ministre Bohuslav Sobotka a précisé ce mercredi qu’il s’agissait principalement de contrôles de prévention, dans la mesure où la République tchèque veut agir à proportion de l’évolution de la menace :

Bohuslav Sobotka,  photo: ČTK
« Je voudrais clairement dire qu’en aucun cas le gouvernement de la République tchèque ne va sous-estimer le risque d’apparition du virus Ebola sur le territoire. Avec l’aide du ministère de la Santé et des services hygiéniques et sanitaires tchèques, nous allons être attentifs vis-à-vis de la situation. Comme nous en avons été informés lors de la réunion avec le Conseil de sécurité de l’Etat, la situation en Afrique équatoriale s’aggrave malheureusement rapidement. Selon les informations de l’Organisation mondiale de la santé, les pays africains principalement touchés enregistrent continuellement une hausse du nombre de malades, et malheureusement une augmentation du nombre de victimes. »

A l’égard de la mise en place des contrôles au sein des différents aéroports tchèques, le chef des services d’hygiène tchèque et ministre adjoint du ministère de la Santé, Vladimír Valenta, a fait savoir :

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« La mise en place des contrôles au sein des aéroports est basée sur le fait que j’utilise une de mes prérogatives en tant que chef des services d’hygiène, qui sont prévues par la loi sur la protection de la santé publique, et grâce auxquelles je peux édicter des mesures de protection pour lutter contre l’introduction du virus dans le pays. Par le biais de cette législation, j’émets l’obligation pour toute personne physique, qui pénètrera sur le territoire tchèque via l’aéroport Václav Havel, de remplir une carte d’arrivée, avec une série de renseignements élémentaires sur chaque individu, à son propos ou au sujet de son séjour. »

Effectivement, les passagers de vols internationaux devront tous remplir une carte d’arrivée, indiquant leurs trajets passés et présents, 42 jours avant et après leur date d’arrivée sur le territoire tchèque, soit deux fois la période d’incubation du virus. Suite aux informations récoltées, les passagers en provenance des pays principalement affectés par le virus Ebola, tels que la Guinée, le Libéria, la Sierra Leone et le Nigéria, ainsi que les passagers ayant fourni des informations pouvant être considérées comme « à risque », subiront en plus un examen médical à l’aéroport même, avec notamment une prise de température. Dans le cas d’un refus de passer l’examen, un citoyen tchèque s’exposera à des sanctions financières, tandis qu’un citoyen étranger pourra même se voir refuser l’entrée sur le territoire de la République tchèque.

Photo: ČT24
Cette décision intervient quelque temps après la mise en isolement d’un étudiant du Ghana. Soupçonné par les autorités tchèques d’être atteint du virus Ebola, il a été transféré samedi depuis la gare centrale de Prague vers l’hôpital, couvert d’un sac en plastique. L’étudiant n’était pas malade mais l’affaire n’en reste pas là puisque le Ghana, qui ne fait pas partie de la liste rouge des pays où la maladie fait rage, veut porter plainte contre le traitement inhumain porté à l’égard de son citoyen. Les autorités ghanéennes considèrent qu’il s’agissait avant tout d’un cas de discrimination.

En République tchèque, il s’agit d’un troisième cas de suspicion d’infection au virus Ebola.