Elections régionales et sénatoriales partielles : la République tchèque aux urnes

Photo: CTK

On vote en République tchèque ces vendredi et samedi : les électeurs tchèques sont appelés à renouveler une partie du Sénat et les conseils régionaux. Un scrutin test notamment pour le gouvernement fragilisé par des affaires de corruption, et ce, même si la participation reste pour l’heure la grande inconnue.

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C’est jeudi que s’est clôt la campagne électorale de tous les partis et candidats aux élections sénatoriales partielles et régionales. Les derniers meetings des deux principaux partis tchèques, l’ODS, membre de la coalition gouvernementale, et le parti social-démocrate (ČSSD) se sont déroulés respectivement à Prague et à Ostrava.

Ce vendredi de 14h à 22h et samedi de 8h à 14h, les électeurs tchèques se rendent donc aux urnes. Selon le système tchèque, les électeurs élisent au scrutin majoritaire uninominal à deux tours un sénateur en choisissant entre des candidats proposés par des partis ou indépendants. La durée du mandat est de 6 ans. Le Sénat, composé de 81 membres, est renouvelé par tiers tous les deux ans. A l’heure actuelle, c’est le parti social-démocrate qui a la majorité à la chambre haute du Parlement, tandis que la Chambre des députés, elle, est dominée par une courte majorité de partis de droite.

Bohuslav Sobotka
Du côté des régions, l’opposition social-démocrate est face à un enjeu de taille : défendre ses positions à la tête des régions et renouveler la « vague orange » de 2008 lorsque le ČSSD avait infligé une claque électorale au Parti civique-démocrate ODS, remportant toutes les régions sauf Prague qui ne vote pas. Pour Bohuslav Sobotka, ces élections doivent être l’occasion pour les électeurs d’exprimer leur opinion sur le gouvernement de coalition de centre-droit :

« Il n’est pas possible de dissocier les élections régionales de la situation actuelle au sein du gouvernement et dans toute la République tchèque. »

Le gouvernement est en effet en bien mauvaise posture, entre la rébellion d’une partie des députés ODS au sein du principal parti de la coalition, les démissions à la chaîne de ministres impliqués dans des scandales politiques et les critiques qu’il essuie de la part du président de la République. Si le ČSSD tire avantage de son statut d’opposant, notamment au plan de rigueur budgétaire du gouvernement, il n’est pas pour autant épargné par les affaires qui entachent grandement sa réputation en régions, la plus marquante étant celle de l’arrestation de David Rath, président de la région de Bohême centrale, arrêté dans le cadre d’un vaste scandale de corruption. Petr Nečas, chef de file de l’ODS et Premier ministre :

Petr Nečas
« Je pense qu’il faut absolument dire non au style des présidents de région du parti social-démocrate qui se comportent comme des potentats. »

Les communistes, quant à eux, continuent de surfer sur une vague favorable de préférences électorales. Le parti de centre-droit TOP 09, très apprécié lors de sa création née de la scission du parti chrétien-démocrate, n’est plus le favori d’antan, sa participation au gouvernement étant entachée par le désamour des électeurs avec leurs dirigeants. De même, l’étoile de l’ancien parti Affaires publiques, représenté au sein du gouvernement par la formation LIDEM, a bien terni. Bien qu’encore membre de la coalition, les bisbilles internes et les affaires louches ont fini par discréditer un parti qui avait fait de l’intégrité son cheval de bataille. Enfin, les chrétiens-démocrates (KDU-ČSL) connaissent un léger retour en grâce dans les sondages après avoir disparu de la scène politique suite à leur échec aux législatives. Une percée du parti d’extrême droite nationaliste du Parti des travailleurs pour la justice sociale (DSSS) et peut-être même des Pirates, suivant l’exemple de l’Allemagne voisine, est envisageable.

Václav Klaus
De son côté, le chef de l’Etat tchèque Václav Klaus, refuse à se prononcer sur le résultat des deux scrutins :

« Je suis curieux, vraiment. C’est tellement peu clair, confus, sur notre scène politique. Il y a un vrai malaise dans notre société qui a de nombreuses raisons. Et cela ne me permet absolument pas de faire de pronostics. Je pense que par le passé, cela a toujours été bien plus clair que ça ne l’est aujourd’hui. »

Les résultats des élections régionales seront connus au cours du week-end, tandis que pour les chiffres définitifs des sénatoriales, il faudra attendre le week-end prochain, puisque celles-ci sont à deux tours.