Entrée dans l'UE - une chance mais aussi des risques pour les sociétés tchèques

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En voici une idée qui revient couramment dans la presse et que nous allons développer lors de cette émission.

Avec l'entrée de la République tchèque (RT) dans l'UE, les sociétés tchèques espèrent surtout l'ouverture de marchés occidentaux lucratifs où l'on peut faire de gros bénéfices. Selon les spécialistes, l'UE est vraiment une grande chance historique pour la prospérité future des entreprises tchèques. D'un autre côté, ils avertissent que nombreuses parmi ces entreprises ne survivront pas à l'adhésion. Comme le confirment les experts de la Chambre économique de RT, l'entrée dans l'UE apportera aux sociétés tchèques beaucoup d'avantages. Hormis l'accès pratique aux riches marchés, les exportateurs pourront s'enorgueillir que leurs produits ne porteront pas uniquement la marque Fabriqué en Tchéquie, mais aussi la prestigieuse désignation Fabriqué dans l'UE. L'accès aux capitaux devrait changer d'une manière fondamentale, et le point douloureux qui est l'insuffisance de législation pour entreprendre devrait disparaître. Les firmes tchèques auront la voie libre, donc, vers les marchés publics, auront la possibilité d'avoir des subventions à partir de divers programmes de soutien à la recherche, à l'artisanat, aux petites et moyennes entreprises, etc. Il y aura certainement beaucoup plus d'avantages que d'inconvénients. Près de 80% des firmes tchèques sont partisanes de l'entrée dans l'UE, donc c'est beaucoup plus en comparaison avec d'autres pays candidats. A en juger par leur optimisme, certains entrepreneurs tchèques ne se rendent pas compte des obstacles qui vont se présenter, estiment les économistes. Ils ne se rendent pas compte, par exemple, des retombées directes du marché concurrentiel. Même si le marché tchèque est assez ouvert aux produits étrangers, certaines limitations existent, comme l'existence elle-même des frontières avec des procédés de dédouanement, qui rebutent notamment les petits importateurs.

Les frais d'application des normes unionistes et les dépenses du secteur privé pour l'application des normes de protection et de sécurité dans le travail sont chiffrés à des dizaines de milliards en écologie et en industrie. La régulation progressive des prix avec l'occident fera perdre aux firmes tchèques l'avantage des prix bas. La productivité du travail est toujours très basse par rapport à l'UE elle est en moyenne de 50% inférieure. Les préparatifs traînent. Les spécialistes de la Chambre économique qui proposent aux entrepreneurs de nombreuses informations sur l'intégration à l'UE et sur ses programmes soulignent que les firmes espèrent avoir beaucoup de possibilités de pouvoir puiser dans des fonds de soutien européen. Mais il n'est pas facile de les obtenir. Pour profiter des offres et des chances de l'union, il faut bien connaître le milieu de l'entreprise de l'Union européenne, savoir s'y orienter, élaborer des projets de qualité qui justifient leur financement. Le fait que près de la moitié des petites et moyennes entreprises n'a pas encore entamé les préparatifs liés à l'entrée dans l'UE ne présage rien de bon pour l'avenir de l'entreprise tchèque, estime une partie de l'opinion. Ces entreprises ne seraient informées ni des nouvelles possibilités et offres, qu'elle pourraient utiliser grâce à la qualité de membre, ni des droits découlant de l'adoption des lois de l'Union. Ce sont uniquement les grandes firmes supranationales et exceptionnellement les grandes firmes nationales qui se tiennent au courant de la législation bruxelloise existante ou en création. Cette partie des petites et moyennes entreprises détenues ou dirigées par des entrepreneurs tchèques, qui n'ont pas jusqu'à présent jugé utile de s'occuper de la question de l'admission à l'UE, sera désagréablement surprise par certaines circonstances, et même menacée dans son existence, s'alarme-t-on à la Chambre de commerce de Prague. Le Directeur du centre pour l'intégration européenne, Vaclav Smejkal déclare : "Pour ceux qui seront vraiment bons c'est une excellente occasion".

Est-il possible de chiffrer les frais qu'occasionnera l'entrée dans l'UE aux sociétés tcheques ? On ne peut pas parler de frais d'une manière concrète, mais globalement, pour la sphère des entreprise, cela représentera une somme assez importante, d'après les spécialistes. Selon les dernières études, par exemple, l'application des normes de l'union pour la sécurité et la protection de la santé dans le travail pourrait coûter au secteur privée jusqu'à 50 milliards de couronnes. Les sommes dépensées pour la protection de l'environnement seront 3 à 4 fois supérieures. Ils s'agit des investissements étalés dans le temps, mais il n'est pas possible de les éviter, car même les petites entreprises ont des employés, une décharge de déchets où elles produisent des emballages non-écologiques etc. Selon les sondages, près de la moitié des firmes ne se prépare pas à l'admission, ignore l'application des normes de l'UE. Sont-elles naïves pour croire qu'elles pourraient déjouer la réglementation de l'union ? La réponse d'un entrepreneur tchèque : "Nous avons un peuple très astucieux, mais je n'y compterai pas. Nous sommes mal placés pour jouer à ce jeu-là, étant géographiquement au centre de l'Europe, avec des firmes étrangères qui viendraient. Elles savent comment faire pour évincer élégamment du marché une concurrence déloyale qui ne respecte pas les règles du jeu, ou de faire sur elle pression pour qu'elle assume la responsabilité qui lui revient." Est-ce que les entrepreneurs qui n'adapteront pas, pour des raisons multiples, les normes de l'Union, dès notre entrée, devront immédiatement "fermer boutique" ? La réponse d'un expert : "Un système de "dénonciation" à la commission européenne existe qui dénonce les différentes violations. Par exemple, la Grèce a été convoquée devant la Cour européenne de justice, à cause d'une décharge publique en Crète contre laquelle les organes locaux n'ont rien fait. Si l'Etat ne veut pas payer les amendes pour ses sociétés, il sera évidemment obligé de faire pression sur ces sociétés. C'est pour cela que même en Tchéquie la pression des organes de contrôle et d'inspection augmentera".

Auteur: Omar Mounir
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