Face à la pénurie de personnel paramédical, le gouvernement tchèque sort le chéquier
Le Premier ministre, Petr Fiala, a confirmé, mercredi, avoir approuvé une enveloppe de 12,8 milliards de couronnes (un peu plus de 500 millions d’euros) supplémentaires sur les douze prochaines années pour former davantage d’étudiants aux professions paramédicales.
La décision était attendue depuis plusieurs mois déjà. Elle a finalement été annoncée par le Premier ministre à la sortie du Conseil des ministres, mercredi. Entre 2026 et 2037, les universités tchèques bénéficieront de davantage de moyens, concrètement quelque 520 millions d’euros supplémentaires, pour augmenter leurs capacités d’accueil dans les filières paramédicales.
Avec cette somme, le ministère de la Santé espère ainsi être en mesure de former plus de 22 000 jeunes en douze ans. Selon les prévisions, dès l’année prochaine, les établissements recevront 394 millions de couronnes supplémentaires ; un montant qui augmentera chaque année jusqu’à atteindre près de 1,7 milliard de couronnes en 2037.
« [Cette mesure] est fondamentale car il n’y a pas assez de diplômés dans ces filières, a alerté le Premier ministre Petr Fiala mercredi devant la presse. Nous serons confrontés à une pénurie de personnel qui sera exacerbée par les développements démographiques liés au vieillissement de la population. Il y a dès à présent une pénurie de personnel médical dans certaines régions. Or, sans cette mesure, et d’autres encore, le système de santé tchèque serait confronté à de graves problèmes. »
Selon les données du ministère de la Santé, sur les 80 000 infirmiers et infirmières qui travaillent actuellement dans les hôpitaux tchèques, près de 30 000 pourraient partir à la retraite au cours des dix prochaines années.
Pour pallier cette pénurie déjà existante et qui tend donc à s’aggraver, la Tchéquie envisage de recruter un cinquième de plus d’assistants en radiologie, de nutritionnistes et d’ambulanciers d’ici 2037, ainsi que 15 400 sages-femmes, infirmiers généralistes et infirmiers pédiatriques supplémentaires. Le nombre d’étudiants en soins infirmiers pourrait dès lors augmenter de 40 % dans les prochaines années, par rapport aux quelque 2 000 recensés actuellement chaque année.
Les universités qui forment aux professions paramédicales ont, elles, déjà annoncé avoir augmenté leur nombre d’admis pour l’année universitaire 2025/2026 et ont reçu, à cet effet, 200 millions de couronnes supplémentaires (environ 8 millions d’euros).






