Foot - Barrage - Mondial : Ils y sont presque...

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Victorieuse (1-0) de la Norvège, samedi, à Oslo, en match aller de barrage, grâce à un but de Vladimir Smicer, l'équipe de République tchèque de football a réalisé un grand pas pour la qualification à la prochaine Coupe du monde. Lors du retour à Prague, mercredi, poussés par un stade comble, les partenaires de Pavel Nedved auront donc toutes les cartes en main pour décrocher leur billet pour l'Allemagne.

Tomas Rosicky et Pavel Nedved  (photo: CTK)
Sur un terrain indigne d'un match de ce niveau et de l'enjeu, ressemblant avant même le coup d'envoi plus à un champ de patates labouré qu'à une pelouse de football, les Tchèques se sont imposés sur une des rares combinaisons de la partie au cours de laquelle ils sont parvenus à mettre le ballon à terre. Suite à une récupération de Tomas Rosicky sur la ligne médiane, le trio de vétérans Nedved - Poborsky - Smicer a remis les vieux automatismes en route pour inscrire, après une demi-heure de jeu, ce fameux but à l'extérieur.

Le milieu de terrain bordelais, auteur d'une prestation de très haute tenue, profitait alors d'une glissade de son garde du corps pour reprendre victorieusement de la tête et en pleine course un centre au cordeau de Karel Poborsky idéalement lancé par le revenant Pavel Nedved. Le gardien norvégien, Thomas Myhre, ne pouvait que constater les dégâts :

« Les Tchèques ont marqué sur une belle action, bien construite, reconnaissait-il. Mais aussi parce que notre défenseur qui était chargé du marquage de Smicer a glissé. Sur un terrain en bon état, cela ne se serait sans doute pas produit. Il était dans un état catastrophique et n'avait rien à voir avec une pelouse de football. »

Par la suite, les Tchèques, bien organisés autour de leur charnière centrale impériale dans les nombreux duels aériens, ont rendu stérile une équipe scandinave jamais en mesure de s'approcher du but de Petr Cech autrement que par de longs ballons à destination du front de l'attaquant lyonnais John Carew.

Karel Bruckner  (photo: CTK)
A l'heure du bilan, à l'issue d'un match intense et engagé mais relativement pauvre en occasions, les Tchèques, en l'emportant somme toute logiquement, ont donc confirmé leur statut de favori, les Norvégiens pouvant même s'estimer heureux de ne pas avoir encaissé un deuxième but en seconde période qui leur aurait pratiquement ôté tout espoir de renverser la vapeur lors du retour. Mais comme n'a pas manqué de le souligner le sélectionneur tchèque, Karel Bruckner, qui s'attachait au coup de sifflet final à calmer l'euphorie ambiante, ce petit but d'avance ne constitue pas une garantie de qualification :

« C'est le résulat de la première mi-temps et rien d'autre. Je sais que le match retour sera tout aussi difficile et compliqué. C'est comme lorsque vous ouvrez le score dès la première minute de jeu à domicile et que vous avez encore 89 minutes devant vous durant lesquelles vous devez vous battre pour préserver votre avance. La Norvège sera un adversaire coriace jusqu'au bout, c'est une équipe qui possède un style de jeu simple, efficace, et elle ne va pas abandonner. Il n'y a donc rien de décidé. Il ne s'agit pas d'une phrase toute faite, je sais que ce sera indécis jusqu'au bout. »

Milan Baros,  Tomas Rosicky et Erik Hagen  (photo: CTK)
Relais de son entraîneur sur le terrain, le capitaine Tomas Galasek tenait, lui aussi, à rester prudent, même s'il avait bien conscience de la valeur du résultat acquis :

« Bien entendu, c'est un très bon résulat pour nous. Nous étions venus ici avec l'intention de faire quelque chose et si possible de faire déjà la différence avant le retour. Mais revenir à Prague avec un but d'avance sans avoir encaissé dépasse presque nos espérances. Mais attention, nous n'avons fait qu'un premier pas sur la route pour l'Allemagne. »

Miné depuis désormais deux saisons par la plus sombre affaire de matchs truqués de son histoire, victime du désintérêt du public pour les rencontres de championnat et par les faibles résultats de ces clubs en coupes d'Europe ces dernières années, le football tchèque traverse une période pour le moins difficile. L'élection récente d'un nouveau président à la tête de la fédération, censée mettre un peu d'ordre, ne changera sans doute pas grand chose dans un proche avenir. Voilà pourquoi une qualification de l'équipe nationale pour la Coupe du monde organsisée dans le pays voisin est considérée par beaucoup comme vitale pour le football tchèque, comme en convient l'ancien gardien du Stade rennais, Petr Cech :

« Oui. Je pense qu'une qualification pourrait changer beaucoup de choses. Ca pourrait « nettoyer » le football tchèque de cette affaire parce qu'il y a encore beaucoup de gens qui en parlent. Ce n'est pas facile parce que la corruption, c'est... quand même la corruption. Maintenant, nous avons enfin un nouveau président. Ca peut être quelque chose de positif, mais ça peut aussi très bien ne pas l'être. Il faudra voir quels seront les changements qui seront faits, parce qu'il est indispensable de faire quelque chose contre la corruption. Ceci dit, l'équipe nationale est un peu à l'écart de tous ces problèmes. Il y en a dans le championnat, mais ça n'a rien à voir avec la sélection. L'équipe nationale a très bien marché pendant toute la qualification pour l'Euro 2004 et même pour la Coupe du monde. Nous avons quand même réussi pas mal de choses. Nous disputons le barrage et je pense que si on nous avait dit avant le début des qualifications que nous disputerions le barrage, tout le monde aurait été content. Bon, on verra... mais la qualification peut être un grand pas en avant pour le football tchèque. »