Ghettos roms : une nouvelle agence gouvernementale chargée de remédier aux problèmes

L'Agence pour la suppression de l'exclusion sociale et sa prévention : c'est le nom de la nouvelle agence dont la création a été décidée ce mardi par le Conseil gouvernemental pour les affaires roms.

Cette nouvelle agence gouvernementale commencera à fonctionner dès le mois de janvier prochain dans une dizaine de villes et communes du pays. Et ce n'est pas le travail qui manque. Selon une étude commandée l'année dernière par le gouvernement, il y aurait dans le pays plus de 300 quartiers ou localités peuplés quasi exclusivement de Roms socialement exclus. En tout, cela représenterait 80000 personnes en marge de la société. Et le nombre de ces ghettos roms va, ces dernières années, en augmentant. Comme l'explique Jaroslav Marousek, membre du Conseil pour les affaires roms auprès du gouvernement, le personnel de la nouvelle agence a pour objectif d'aider sur le terrain les gens à en sortir :

« Ils iront dans les localités, mais ne feront pas que s'y rendre ponctuellement. Ils y resteront à plus long terme, y passeront la nuit et approximativement la moitié de leur temps de travail. »

La nouvelle agence table sur un partenariat étroit avec les collectivités locales. La ministre pour les droits de l'Homme et les minorités ethniques Dzamila Stehlikova a déjà proposé à 190 municipalités un travail en commun. D'après elle, 53 d'entre elles ont déjà répondu favorablement :

« Le résultat devrait être de faire en sorte que les gens dans ces localités aient une formation : qu'ils finissent l'école primaire, éventuellement l'école secondaire ou l'université pour qu'ils puissent trouver un emploi. »

Kumar Vishwanathan
10 localités vont être choisies pour expérimenter les projets pilotes dès le début de l'année prochaine. La création de ce nouvel organe est vue d'un bon oeil par ceux qui travaillent sur le terrain, comme Kumar Vishwanathan, un Indien d'origine qui s'implique depuis plusieurs années pour améliorer le sort de la communauté rom :

« Je pense que c'est une bonne nouvelle et qu'il est grand temps qu'une telle agence existe. Parce qu'en 17 ans, les choses vont de mal en pis pour les Roms. L'exclusion sociale augmente, les gens ont perdu leur emploi, les Roms n'étant pas vraiment préparés aux changements démocratiques et à l'ouverture du marché. Sous le communisme, les gens avaient un emploi au moins. Les Roms ont été les premiers à perdre leurs emplois, leurs logements, leur niveau d'éducation est très faible. Donc je pense que c'est un signe clair que l'Etat voit que les problèmes sont vraiment importants et que quelque chose doit être fait. »

Le gouvernement tchèque financera les premiers projets, et dans un proche avenir, l'agence table sur des fonds structurels européens.