Havel-Zeman : rien ne va plus ?

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Nos auditeurs en sont informés, le 28 octobre dernier, fête nationale, Milos Zeman, Premier ministre, a préféré boycotter la cérémonie officielle au Château présidentiel, patronnée par Vaclav Havel. Omar Mounir sur les tenants et aboutissants de cette affaire.

Si nous jugeons utile de revenir sur cet incident, c'est d'abord parce qu'un tel comportement était inattendu de la part de Milos Zeman. "Je ne voudrais pas importuner Madame la Présidente, a-t-il dit, en l'obligeant à me tendre la main". Il est vrai qu'il y a quelques mois, Madame Havel déclarait ne jamais plus tendre la main à Milos Zeman. Mais elle n'est pas le chef de l'Etat et l'explication du Premier ministre n'a pas été convainquante.

Traditionnellement, c'est Vaclav Klaus, président du Parti civique démocrate, qui "fait la tête" à l'issue des discours présidentiels pendant que Zeman se félicite de l'identité des points de vue entre son parti et Vaclav Havel. Cette fois-ci, c'est Zeman qui boude. Alors, on s'interroge...

En fait, toute une série d'incidents sont venus au fil des ans gâter les rapports entre les deux hommes. Notamment à la formation du premier gouvernement social-démocrate, en 1998. Havel contestait que le Premier ministre soit le chef de la formation politique élue, et Zeman, piqué au vif, a rétorqué que lorsqu'on est élu avec une seule voix on doit s'abstenir de répandre de tels propos. En juillet de cette même année, ce même Zeman signait son fameux contrat d'opposition avec Vaclav Klaus. Havel, qui de toute évidence n'a pas trouvé l'initiative à son goût, l'aurait sentie comme une trahison. Et c'est ainsi que ces phrases assassines et des détails de la vie quotidienne, ceux que nous connaissons et ceux que nous ne connaissons pas, ont fait déborder le vase.

De telles querelles de famille existent partout. L'usage veut qu'elles ne déteignent pas sur la vie publique. Mais cette règle de conduite n'est pas souvent observée.

Auteur: Omar Mounir
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