Hlavacova repart à la conquête de La Manche

r_2100x1400_radio_praha.png

En août dernier, Yvetta Hlavacova avait traversé à la nage La Manche en huit heures et quarante-deux minutes. Un temps qui constituait certes le nouveau record national, mais qui ne masquait pas que la Tchèque avait échoué dans sa tentative de record du monde (7h 42'). Pour effacer cette demi-déception, Hlavacova entend donc l'été prochain se lancer dans un pari encore plus fou : la traversée du canal dans les deux sens en établissant un nouveau record féminin.

C'est dans les premiers jours du mois d'août, à une période de l'année où les conditions météorologiques et en mer sont les plus propices, qu'Yvetta Hlavacova tentera de réaliser l'aller-retour entre les côtes anglaise et française. Si le meilleur temps de l'histoire est de 16h 10', la grande Tchèque d'1m 95 s'attaquera au record féminin dont la Néerlandaise Irene van der Laan est la détentrice depuis 1983 en 18h 15'. Mardi, elle a expliqué au micro de Radio Prague comment elle se préparait à devenir la troisème femme européenne à réaliser cet exploit :

« Durant l'année, vous devez nager environ 2300 kilomètres et consacrer quatre à cinq heures par jour à l'entraînement. Mais le plus important est d'engranger de l'expérience dans la mer. Il ne s'agit pas seulement d'aligner les kilomètres en bassin. Il faut apprendre à « sentir » la mer, sentir les vagues et vous devez attraper le rythme de la mer. »

Au-delà de la performance physique, la nageuse spécialiste des longues distances a également expliqué comment se passait la traversée au niveau mental :

« Je reste toujours concentrée sur ma performance, même s'il y a quelques rares moments où je me permets de penser à autre chose. Je pense, par exemple, à l'équipage sur le bateau qui m'accompagne, à ce qu'ils font. Mais si vous commencez à penser à d'autres choses, vous perdez de la vitesse. Et si vous chantez dans votre tête, vous vous fatiguez. C'est extrêmement difficile de rester concentré pendant la vingtaine d'heures en suivant que vous nagez. Mais lorsque ce moment arrive, que vous n'êtes plus en mesure de vous concentrer, alors vous ne pensez plus à rien. Vous nagez, il faut persévérer, c'est tout. Je connais cette sensation. C'est le noir complet dans votre tête. Il n'y a plus rien. »

Surtout, pour réussir dans cette entreprise, Yvetta Hlavacova affirme que s'il faut respecter la mer, il ne faut surtout pas la craindre :

« J'ai l'habitude de regarder la force de la mer, de l'élément marin. Je ne ressens donc aucune peur. Je pense que c'est une erreur que font certains nageurs, il faut faire abstraction de la peur, même s'il faut une certaine dose de courage. Personnellement, je ne me concentre que sur ma performance physique. Je m'interdis de penser à ce qui pourrait m'arriver, aux choses négatives. »

Souhaitons-lui donc qu'il ne lui arrive que des choses positives...