Hockey – Mondial : du bronze doré

Jaromíra Jágr se raduje po gólu do americké branky, foto: ČTK

Bien plus que la crise gouvernementale, ce sont les performances de l’équipe nationale au Championnat du monde qui étaient au centre des préoccupations du public tchèque en fin de semaine dernière. Mais battus en demi-finale par la Suède (2-5), les Tchèques n’ont pas conservé leur titre de champions du monde et ont dû se contenter d’une médaille de bronze.

Les joueurs d’Alois Hadamczik se sont toutefois partiellement consolés en battant la Russie (7-4) pour la deuxième fois depuis le début du Mondial, photo: CTK
Depuis dimanche soir et la victoire (6-1) de la Finlande aux dépens de la Suède en finale, à Bratislava, la République tchèque n’est donc plus championne du monde de hockey sur glace. Les Tchèques ont abandonné leur titre vendredi en demi-finale après avoir été battus par la Suède (2-5). Dimanche, dans le match pour la 3e place, les joueurs d’Alois Hadamczik se sont toutefois partiellement consolés en battant la Russie (7-4) pour la deuxième fois depuis le début du Mondial, décrochant ainsi la médaille de bronze.

Jaromír Jágr, à 39 ans, meilleur attaquant de ce Mondial, photo: CTK
Avec huit victoires en neuf matchs et une qualité de jeu qui a souvent fait rugir de plaisir leurs supporters, les Tchèques, qui alignaient en Slovaquie assurément une de leurs meilleures équipes de ces dernières années, présentent paradoxalement un bilan final bien plus positif qu’à l’issue du tournoi en Allemagne l’année dernière, à l’issue duquel ils avaient été sacrés champions du monde à la surprise générale. Mais alors qu’ils pouvaient légitimement espérer conserver leur titre, les partenaires de Jaromír Jágr, élu à 39 ans ( !) meilleur attaquant de ce Mondial, se sont inclinés contre la Suède, logiquement, après une demi-finale au cours de laquelle ils pensaient pourtant avoir fait le plus dur en ouvrant la marque. Mais menés 2 à 1 à la fin du deuxième tiers-temps, les Tchèques ont laissé trop d’espaces aux attaquants scandinaves dans les vingt dernières minutes pour espérer recoller au score, comme le regrettait l’attaquant Patrik Eliáš, auteur malheureux des deux buts de son équipe :

Nous avons voulu marquer trop rapidement et les Suédois ont parfaitement profité de nos largesses, photo: CTK
« Dans le vestiaire, nous nous étions dit que nous allions continuer à jouer en ne prenant pas de risques et en ne nous découvrant pas trop en défense. Nous étions certes menés 2 à 1, mais nous avions encore beaucoup de temps devant nous pour égaliser et nous avons d’ailleurs eu quelques occasions de le faire. Mais les Suédois ont une équipe jeune avec des joueurs très rapides qui n’attendaient que ça : que nous leur laissions des espaces pour pouvoir procéder par contre-attaques. Nous avons manqué de patience. Nous avons voulu marquer trop rapidement et les Suédois ont parfaitement profité de nos largesses. »

Assommés et très déçus après cette large défaite de trois buts contre la Suède, les Tchèques ont cependant trouvé les ressources morales et physiques nécessaires pour se ressaisir et battre la Russie dans le match pour la 3e place. Au terme d’un match foufou et riche en buts, ils se sont imposés 7 à 4 grâce, entre autres, à un triplé de leur attaquant Roman Červenka :

Les Russes pratiquent un hockey très offensif et si vous voulez avoir une chance contre eux, il ne faut pas leur laisser trop de liberté et d’espaces, photo: CTK
« Les Russes pratiquent un hockey très offensif et si vous voulez avoir une chance contre eux, il ne faut pas leur laisser trop de liberté et d’espaces. Ils ont des joueurs très talentueux qui savent en profiter. Après le premier tiers-temps, alors que nous étions menés 3 à 2, nous nous sommes dits qu’il fallait changer notre façon de jouer et nous avons alors mieux défendu pour empêcher les Russes de s’installer dans notre zone défensive. Cela nous a permis d’avoir des opportunités en contre-attaques grâce auxquelles nous avons marqué plusieurs buts. »

Au bout du compte, les Tchèques étaient très heureux d’avoir au moins la médaille de bronze autour du cou. Une troisième place qui était plus qu’un lot de consolation pour l’entraîneur, Alois Hadamczik :

Et puis cette médaille de bronze qui fait suite au titre de l’année dernière constitue une très belle carte de visite pour le hockey tchèque, photo: CTK
« Par rapport à ce que nous avons montré tout au long du tournoi, cette médaille constitue d’abord un soulagement. Perdre contre la Russie et terminer au pied du podium aurait été une très grande déception. Je pense que les joueurs ne méritaient pas ça, car ils ont très bien joué dès le premier match. Et puis cette médaille de bronze qui fait suite au titre de l’année dernière constitue une très belle carte de visite pour le hockey tchèque. »

La République tchèque n’a donc pas gagné, comme l’espérait tout un pays, mais elle a beaucoup séduit en Slovaquie, photo: CTK
Par ailleurs, au-delà de cette médaille de bronze au petit goût d’or, deux joueurs tchèques, l’attaquant Jaromír Jágr et le défenseur Marek Židlický, figurent dans l’équipe All Star désignée à l’issue du Championnat du monde. La République tchèque n’a donc pas gagné, comme l’espérait tout un pays, mais elle a beaucoup séduit en Slovaquie. Au contraire d’un nouveau titre, on oubliera certes probablement cet aspect « artistique » dans quelques années, seuls chiffres, statistiques et vainqueurs restant inscrits dans les annales et les mémoires. En attendant, affirmer que les Tchèques ont produit un des plus beaux jeux du Mondial 2011 est bien plus qu’une façon de se consoler…