Ivan Medek fête ses quatre-vingts printemps

Ivan Medek, photo: CTK
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Ivan Medek, ancien rédacteur de la station de radio la Voix de l'Amérique, mais aussi chef du bureau de l'ancien président de la République, Vaclav Havel, fête ses quatre-vingts ans. Plusieurs quotidiens tchèques consacrent une large place à l'anniversaire de cette personnalité pas comme les autres.

Ivan Medek, photo: CTK
Dans le quotidien Lidove noviny, Jaroslav Veis, journaliste et écrivain, dresse un portrait d'Ivan Medek, intitulé « L'homme (et sa voix) qui devait être réduit au silence ». Pourquoi l'homme et sa voix ? Parce que Ivan Medek, nous l'avons dit, s'est fait connaître par les émissions de la station de radio, la Voix de l'Amérique. Après une enfance sans histoire, dans une famille respectant la morale et le sens de la responsabilité, à côté d'un frère, Mikulas, bientôt célèbre grâce à ses talents de peintre, Ivan Medek, ne voulant se soumettre à aucune camisole du pouvoir (communiste à l'époque), est contraint à l'exil. Après avoir vécu maintes péripéties, des interrogatoires dans les bureaux de la police d'Etat communiste, de nombreux emplois dont celui d'aide-infirmier dans un hôpital, il se retrouve à Vienne, dans un petit studio de la Voix de l'Amérique. Il devient le correspondant viennois de la station, d'une certaine manière le correspondant tchécoslovaque, du moins de cette partie de la Tchécoslovaquie que le pouvoir communiste s'efforçait de réduire au silence... A la différence de Radio Europe Libre, la Voix de l'Amérique n'était pas brouillée et représentait l'une des rares sources d'information libre dans un pays vivant sous un régime totalitaire. Jaroslav Veis se souvient d'une émission d'Ivan Medek. On était en été 1989, les régimes communistes s'effondraient en Europe, en Tchécoslovaquie il était plus que branlant. Ivan Medek avait persuadé la direction de la Voix de l'Amérique qu'il serait bon de diffuser sur les ondes la liste des signataires de la pétition contre le régime « Quelques phrases ». Cette liste de noms, lue par Ivan Medek tous les jours contribua à l'affaiblissement du régime et à sa chute, à la fin de l'année 1989. En effet, elle avait montré que les citoyens tchécoslovaques n'avaient plus peur... Une fois élu président de la République, ce fut Ivan Medek que Vaclav Havel choisit pour devenir le directeur de son bureau, au Château de Prague. Ivan Medek a accompli cette fonction avec brio pendant six ans.

Aujourd'hui, il travaille en tant que pigiste pour la BBC. Tout juste avant son quatre-vingtième anniversaire, la maison d'édition Torst a sorti son livre de souvenirs intitulé « Merci, je me sens très bien ». C'est un livre qui a vu le jour grâce à une série d'émissions télévisées réalisée par l'un de ses collègues des ondes, Ivan Binar, ancien rédacteur aux émissions tchèques de Radio Europe Libre. Ivan Medek, à la fin du livre, constate avec un certain humour qui est le sien : « En fait je n'ai jamais désiré quelque chose de concret, et je me suis toujours mêlé à tout. J'ai l'impression, quand même, d'avoir reçu un grand nombre de cadeaux sans aucun mérite ». La simplicité émane de cet octogénaire que les gens ne reconnaîtraient peut-être pas dans la rue, mais dont des milliers, des dizaines de milliers reconnaîtraient, certainement, la voix, celle de l'ancien rédacteur de la Voix de l'Amérique, celle qui apportait une bouffée d'air du monde libre...