Jiri Belohlavek ou la noblesse d'un chef d'orchestre

Jiri Belohlavek, photo: bbc.co.uk

C'est par le travail, deux concerts avec l'Orchestre symphonique de la BBC à Londres, que le chef d'orchestre tchèque, Jiri Belohlavek, fête son soixantième anniversaire.

Jiri Belohlavek, photo: bbc.co.uk
Revenu de Paris, où il a dirigé avec un grand succès l'opéra Juliette ou La Clé des songes de Martinu et le cycle de poèmes symphoniques Ma Patrie de Smetana, Jiri Belohlavek a repris en main la formation prestigieuse dont il est directeur musical depuis l'année dernière. Bien que l'orchestre de la BBC soit considéré comme une formation d'accès difficile et aux rapports internes compliqués, Jiri Belohlavek ne sent pas de réticence de la part de ses musiciens. Au contraire, le chef réputé pour la discipline et la précision, apprécie beaucoup la franchise britannique et les rapports amicaux qui le lient avec l'orchestre. A soixante ans, il s'impose parmi les meilleurs chefs du moment. Il se distingue par ses interprétations des oeuvres classiques et romantiques et excelle notamment dans la musique tchèque. Ces enregistrements des compositions de Dvorak, de Janacek et de Martinu passent rarement inaperçus par la critique musicale et sont souvent primés au niveau international.

Sa vie vouée à la musique a commencé à Prague le 24 février 1946. Tout d'abord violoncelliste, il se découvre très tôt le don de diriger l'orchestre. Encore pendant ses études au Conservatoire de Prague, il devient finaliste du concours de direction d'orchestre de Herbert von Karajan. La carrière de ce jeune premier semble tracée avec, au bout, le poste de directeur musical de l'Orchestre philharmonique tchèque, la meilleure formation symphonique du pays. Malheureusement, ce sera aussi une des plus grandes déceptions de sa vie. En 1990, Jiri Belohlavek devient en effet chef de la Philharmonie tchèque, mais déjà deux ans après, les musiciens de l'orchestre le remplacent par l'Allemand Gerd Albrecht. Tout ce qui est mauvais, est aussi bon pour quelque chose et après cette défaite cuisante Jiri Belohlavek créée à Prague un orchestre des jeunes, Le Prague Philharmonia, qui se forgera bientôt une jolie renommée internationale.

Aujourd'hui plus personne n'oserait mettre en cause son art et ses compétences. Ses tournées le mènent dans des pays européens, en Asie, aux Etats-Unis. L'année dernière, il a pris d'assaut le Metropolitan Opéra de New York où il a dirigé Katia Kabanova de Janacek et l'année prochaine, il récidivera dans ce théâtre avec l'opéra Jenufa du même auteur. Il continue à confirmer sa réputation de chef soucieux de la précision, de maître de la couleur orchestrale, de fanatique de la nuance et du détail. Avec persévérance et humilité, il guette et prépare ces moments privilégiés où les musiciens et le public sentent qu'ils ont touché au sublime.