Knihotoc ou la valse des livres

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Un livre laissé sur un banc, sur le siège d'un train, dans un café, un livre qui passe de mains en mains, que des fous de lecture qui ne se connaissent pas entre eux se transmettent, reliés par un fil invisible. Une chaîne de lecteurs qui communiquent entre eux via cette bibliothèque virtuelle et ouverte à tous. Ce projet, c'est Knihotoc, et pour nous en parler aujourd'hui, la traductrice Jovanka Sotolova :

Pourriez-vous me faire une petite histoire de Knihotoc ? En Anglais, cela s'appelle BookCrossing, et en français le Passe-livre. Cela veut dire que ce projet vient d'ailleurs à l'origine ?

« Oui, exactement. C'est un peu copié. Je ne peux pas dire « volé », nous nous sommes inspirés de ce qui existait déjà aux Etats-Unis, en France et en Italie (Passe-livre est moitié français, moitié italien). Cette idée de faire circuler les livres m'a beaucoup plue. Au début, nous avons pensé le faire avec BookCrossing ou Passe-livre. Je leur ai même écrit des mails pour envisager une collaboration. Mais très vite, je me suis dit que ça ne marchera pas parce que qui va lire des livres en tchèque dans le monde ? D'où l'idée de la variante tchèque. »

Comment avez-vous trouvé le nom ?

« Ce n'était pas si simple, mais relativement vite quand même. C'est un jeu de mots entre « livre » (kniha) et « manège » (kolotoc). Ce qui était surprenant, c'est que beaucoup de gens ont commencé à jouer avec nous à ce jeu. Moi, j'appelle cela un jeu. En plus, nous avons eu droit à un grand intérêt de la part des médias, la télé, la radio. Normalement, dans ma vie professionnelle, je suis traductrice, je m'occupe d'un site internet sur la littérature, et je n'ai jamais eu autant d'intérêt du public ! »

C'est intéressant, parce qu'on dit souvent qu'aujourd'hui, les gens ne lisent plus, ne s'intéressent plus à la littérature... Que pensez-vous qui a fait la différence ? Vous parlez de « jeu », est-ce le côté ludique qui a pu intéresser les gens ou les intriguer ?

« Oui, c'est surtout ce côté « jeu ». C'est surtout les jeunes qui jouent à Knihotoc. Mais aussi des personnes âgées. Un jour, il m'est arrivé de rencontrer une vieille femme dans la rue, et j'étais avec une amie qui la connaissait. Elle m'a dit : 'C'est vous qui organisez Knihotoc ? Moi aussi j'ai des livres chez moi et je veux participer !' Pour moi, c'était vraiment une joie de voir que les gens de tous les âges peuvent être intéressés. »

Retrouvez la suite de cet entretien dans la rubrique littéraire de ce samedi.