L’ « hyperprésident » français commence à agacer les Tchèques

Nicolas Sarkozy, photo: CTK

Pendant des mois, Paris et Prague ont donné l’impression de travailler en parfaite harmonie pour préparer leur présidence respective de l’Union européenne. Ces dernières semaines pourtant, plusieurs initiatives de Nicolas Sarkozy ont déplu aux Tchèques.

Alexandr Vondra, photo: CTK
C’est le vice-Premier ministre en charge des Affaires européennes, Alexandr Vondra, qui a pris sa plume pour publier mercredi dans le quotidien français Le Monde une tribune dans laquelle il critique le président français pour ses déclarations lors du dernier sommet UE-Russie de Nice.

M. Sarkozy, qui exerce la présidence tournante de l'UE avant que celle-ci n'incombe à la République tchèque en janvier, avait appelé en substance à suspendre toute décision sur l'implantation du bouclier antimissile jusqu'à un sommet, peut-être mi-2009, dans le cadre de l'OSCE.

« On peut continuer entre la Russie et l'Europe à se menacer de boucliers, de missiles, de marine et caetera, ça n'amènera rien à la Russie, ça n'amènera rien à la Géorgie, et ça n'amènera rien à l'Europe », avait-il déclaré.

Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev, photo: CTK
Dans sa tribune, Alexandr Vondra se dit « étonné d'apprendre que le président français, en son rôle de président du Conseil de l'UE, a abordé ce thème avec Dmitri Medvedev, le président russe ».

« Vu de Prague, cela a rappelé des périodes où des décisions nous concernant se prenaient à huis clos et en notre absence », a ajouté le vice-Premier ministre, qui est actuellement à Washington. Il a d’ailleurs tenu à souligner au cours de sa visite que, selon lui, la nouvelle administration américaine poursuivra le projet du bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque :

Mirek Topolanek, photo: CTK
« L’important, de notre point de vue et peut-être aussi du point de vue de la nouvelle administration, est l’otanisation de ce système de défense. Nous l’avons faite inclure dans les accords, et nous avons fait en sorte que le sommet de Bucarest se penche sur cette question. Je pense que nous pouvons nous entendre là-dessus avec cette nouvelle administration américaine. »

Par ailleurs, les velléités françaises de continuer à jouer un rôle actif pendant la présidence tchèque ont déjà créé quelques malentendus entre Paris et Prague. Le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek a cependant tenu à relativiser les choses :

« Si quelqu’un se met à vouloir organiser des rencontres à l’avenir, personne ne peut l’en empêcher. Nous sommes tout à fait capables de nous organiser, et notre présidence n’est pas menacée. »

L’Elysée vient d’annoncer qu’un sommet international sera organisé à Paris, une semaine après le début de la présidence tchèque. Un sommet sur le thème du « Nouveau Monde : Valeurs, Développement et Régulation » qui sera coprésidé par Nicolas Sarkozy et Tony Blair, les 8 et 9 janvier.