La bataille des ondes – la radio dans la crise de Munich

David Vaughan, photo: Štěpánka Budková

Le 29 septembre, 70 ans se seront écoulés depuis la signature des accords de Munich. Un regard nouveau sur cet événement est fourni par le livre de David Vaughan « La bataille des ondes – la radio dans la crise de Munich » qui vient de sortir aux éditions Radioservis.

David Vaughan, photo: Štěpánka Budková
Le livre met en évidence le rôle de la Radio lors des événements de Munich. Il démontre que pour la première fois dans l’histoire, la radio est devenue un facteur déterminant de la diplomatie internationale. Avec la radio, la crise de Munich est devenue plus urgente, la menace de la guerre a été d’un coup présente dans les foyers, l’auditeur situé au plus près de l’actualité. Munich a été le premier événement médiatique global, le début d’une nouvelle ère de médias électroniques modernes, dit l’auteur du livre, le journaliste britannique installé à Prague, David Vaughan :

« On peut dire peut-être même que la radio a influencé le résultat de toutes les discussions et de la crise. Tout ce qui est arrivé, tous les développements de la situation étaient immédiats, il n’y a avait pas ce délai qu’on a avec les médias écrits. Par exemple, le discours d’Adolf Hitler, le 26 septembre 1938, a été diffusé par des dizaines de radios de façon immédiate, ça veut dire que les auditeurs en Amérique, en Espagne, en Angleterre avaient l’occasion d’écouter les mots de Hitler et aussi les cris de la foule hystérique qui répondait à chaque phrase. Cela devait être vraiment très inquiétant pour les auditeurs, donc c’était vraiment un changement très dramatique. »

En 1938 c’était aussi la première fois que la radio sert d’instrument de propagande : la station Radiojournal, comme s’appelait à l’époque la Radio tchécoslovaque ne diffusait pas ses émissions en allemand vers les Sudètes, même si un quart de la population de la Tchécoslovaquie parlait allemand et que le sort des Sudètes se décidait à Munich, laissant à l’Allemagne nazie de propager ses informations vers cette région. Quant à la BBC - et c’est une révélation choquante, elle n’a presque pas diffusé d’information sur le sort de la Tchécoslovaquie. Le Premier ministre Neville Chamberlain qui l’avait sous son contrôle, n’a pas permis de diffuser des points de vues autres que les siens, selon lesquels Munich était mettait en jeu l’avenir de la paix pour les Britanniques. Les mieux informés, grâce aux correspondants en Europe, ont été les auditeurs aux Etats-Unis où, comme on peut le lire dans le livre, un nouveau format moderne de reportages en direct a alors vu le jour. Et comme l’a dit lors de sa présentation David Vaughan, c’est sans doute aussi grâce au rôle de la radio que les Américains s’engageront plus tard dans la bataille contre Hitler. Ceci dit, le message du livre ne peut être autre que celui-ci :

« Je crois que le message de ce livre c’est que chaque journaliste devrait réfléchir sur son point de vue éthique et moral, que le journaliste ne peut pas être tout à fait neutre parce que ce qui se passe autour de lui ce ne sont pas non plus des événements neutres, sinon on laisse faire les autres qui veulent détruire ce qu’on a très bien vu à Munich, donc il faut réfléchir, il faut être actif. »

Le livre est accompagné d’enregistrements authentiques des allocutions de personnalités politiques des pays concernés par Munich et d’autres documents retrouvés dans les archives. Nous y reviendrons dans une de nos prochaines rubriques historiques.