La hausse des prix des denrées alimentaires touchera aussi la Tchéquie

Après l'annonce d'une forte hausse des prix du lait et d'autres produits agricoles dans les pays de l'Union européenne, on attendait la réaction en République tchèque. Elle ne s'est pas faite attendre longtemps, et il est clair que la Tchéquie n'échappera pas à cette tendance.

Jan Veleba
Ce sont naturellement les agriculteurs qui sont les mieux placés pour expliquer les raisons qui conduiront à la hausse des prix des denrées alimentaires. Le président de la Chambre agraire, Jan Veleba, est persuadé que les prix augmenteront d'au moins 10 % d'ici à la fin de l'année, puis de 30 % au cours des trois années à venir. Il explique pourquoi :

« La situation est telle qu'au sein de l'Union européenne, il existe une très forte demande en céréales, car les récoltes ont été faibles ces deux dernières années. Cette année, la demande est aussi influencée par la sécheresse en Australie où la récolte sera de 60 % inférieure à celle de l'année dernière. Le troisième facteur est la plus grande utilisation des céréales et du colza dans la production des carburants bio. Qu'on le veuille ou non, cela introduit une nouvelle concurrence à la production des denrées alimentaires. »

On peut d'ailleurs déjà constater que le prix des céréales en Tchéquie a augmenté de 30 % en comparaison avec l'année dernière. Les agriculteurs peuvent donc être satisfaits, car après de mauvaises années, marquées par une stagnation des prix et des récoltes médiocres, cette année s'annonce comme très bonne. En effet, à côté de la hausse des prix, ils attendent une très bonne récolte. Moins satisfaits seront certainement les consommateurs, comme l'affirme le vice-président de la Chambre agraire, Pavel Novotny :

« C'est la réalité européenne et mondiale. Les prix des produits alimentaires augmentent constamment et sont obligés d'augmenter. Personne d'autre que le consommateur ne peut faire les frais de cette augmentation. »

La hausse des prix des céréales va se refléter dans d'autres domaines, par exemple l'élevage, avec une augmentation des prix des fourrages. Les consommateurs peuvent donc s'attendre aussi à une hausse des prix de la viande, de la charcuterie et en vérité de tous les produits dépendant des céréales.