La liberté et la responsabilité - un thème accentué du Forum 2000

Jiri Dienstbier, Vaclav Havel, Ségolène Royal, photo: CTK

Le Forum 2000 est devenue une institution durable, a dit l'ancien président Vaclav Havel sur cette conférence de politiciens, diplomates, philosophes, sociologues et autorités religieuses qui a eu lieu pour la 11e fois, ces lundi et mardi, à Prague, sur le thème de la liberté et de la responsabilité.

Jiri Dienstbier, Vaclav Havel, Ségolène Royal, photo: CTK
L'édition 2007 était placée sous le signe de la solidarité avec les pays où les droits de l'homme sont réprimés. Le leader de l'opposition démocratique en Biélorussie, Alexandre Milinkievitch, a parlé de la situation dans la dernière dictature en Europe. Deux dissidents invités au forum- Oswald Paya Sardinas, de Cuba, et Galimzhan Zhakianov, leader de l'opposition politique kazakh, n'ont pas reçu l'autorisation dans leurs pays de venir, et leur place vide à la table des négociations était donc marquée par des photographies. Une pétition signée dans la salle a exprimé le soutien aux démocrates birmans et demandé la libération immédiate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi.

L'invité de la France à cette conférence, Ségolène Royal, présidente du conseil régional du Poitou-Charentes, a également évoqué le sujet dans son intervention :

Ségolène Royal, photo: CTK
« J'ai, bien sûr, d'abord une pensée pleine d'émotion pour la place vide d'Aung San Suu Kyi et comment dire qu'une absence prenne aujourd'hui une telle place, et nous lui disons courage. Ce forum est l'occasion d'abord pour moi d'honorer une dette : dans ce que vous avez fait, vos réflexions, vos combats, ici à Prague, mais aussi à Varsovie, à Budapest, ont compté pour les hommes et les femmes de ma génération et même dans ma façon de concevoir ma responsabilité politique et aussi de mesurer le prix de la liberté. »

Un éclairage européen sur le thème de la liberté et la responsabilité, avec un accent sur le social et la justice, a ensuite été donné par Ségolène Royal à Prague:

« Si la liberté, c'est l'économie de marché, l'activité économique et la création de richesses, alors la responsabilité, c'est le progrès social et éducatif pour tous, la diversité culturelle et l'urgence écologique. La liberté, la responsabilité, ce sont des règles démocratiquement adoptées au service de la liberté. Et j'ajoute qu'il ne peut pas y avoir de liberté sans équité et sans justice, dans la répartition des richesses, dans l'égalité d'accès à la santé et à l'éducation, dans l'accès à la dignité du logement, dans la lutte contre toutes les formes de discrimination, dans l'égalité homme-femme, dans la lutte contre le racisme, contre le sexisme, contre l'homophobie. Deuxième idée : il n'y a pas de liberté et de responsabilité sans mémoire. En 1968, vous avez été nos maîtres, ici, en liberté. C'est pourquoi je pense utile de retenir la leçon qui fut celle ici des combattants de l'émancipation et de soutenir ceux d'aujourd'hui en Birmanie, en Tchétchénie, et au Darfour. Je crois profondément que la politique consiste encore aujourd'hui à s'occuper de ce que Vaclav Havel a appelé le pouvoir des « sans pouvoir » et Jan Patocka « la communauté des ébranlés ». Je crois que l'Europe doit s'occuper de cela, c'est-à-dire veiller à ne pas creuser les inégalités et les exclusions en son sein et à se préoccuper de tirer vers le haut les pays du sud et les pays les plus pauvres. »

C'était Ségolène Royal, l'un des invités au Forum 2000 qui a pris fin ce mardi à Prague.