La municipalité de Prague ne veut pas de SDF au centre de la capitale

L’édition de ce lundi du quotidien Lidové noviny a informé dans ses pages du projet envisagé par un des hauts représentants de la municipalité de Prague consistant principalement à déplacer les SDF en dehors de la capitale. Ce projet controversé a immédiatement provoqué des réactions.

L’initiative, qui a pour objectif principal de « nettoyer » les rues et le centre de la capitale, vient du conseiller municipal Jiří Janeček du Parti civique démocrate (ODS). Il a expliqué pour la TV publique :

« Les personnes qui ne veulent pas s’adapter à une vie décente devraient être concentrées dans un lieu en dehors de la ville où le fait qu’elles soient ivres ne gêne pas leur entourage. A cet endroit, elles auraient une soupe deux fois par jour et elles s’y sentiraient en sécurité ».

Et Jiří Janeček d’ajouter que les sans-abri « qui ne respectent rien et qui ne sont pas assez photogéniques » constituent un risque hygiénique et sécuritaire. Pour lui, l’idéal serait de fonder des campements à la périphérie de Prague où seraient concentrés tous les gens qui ne veulent pas travailler.

Beaucoup sont pourtant loin de partager l’avis du conseiller Janeček, selon lequel il s’agirait d’ « une oasis de sécurité ». Eduarda Hecková, par exemple, qui propose des services thérapeutiques aux SDF, ne mâche pas ses mots en disant que ce serait ni plus ni moins qu’un camp de concentration. D’autres encore estiment qu’une telle solution réduirait considérablement les chances des SDF de s’intégrer et de retourner à la vie normale. Miloslav Pipal, directeur de la section tchèque d’Amnesty International :

« Les expériences acquises montrent que de pareilles démarches n’apportent pas de bons résultats. Je recommande de favoriser les services et les actions développées dans les localités où ces personnes ont l’habitude de se retrouver ».

En attendant de soumettre au Parlement une loi relative aux SDF(!), Jiří Janeček veut présenter son plan d’action à la prochaine session du conseil municipal prévue dans quinze jours.

Le nombre de sans-abri qui vivent à Prague est évalué à 3000 ou 4000. Ces évaluations étant très approximatives, des études sociologiques dressent le portrait d’un sans-abri pragois typique : un homme autour de la quarantaine, ayant acquis une éducation élémentaire, originaire d’une région en dehors de Prague, divorcé, sans travail, ayant eu tôt ou tard des problèmes avec l’alcool, et qui se rend à Prague pour y chercher du travail.