La pilule abortive bientôt autorisée en République tchèque ?

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La République tchèque fait partie des derniers pays en Europe, à la différence de la France par exemple, où l’utilisation du RU 486, mieux connu sous le nom de « pilule abortive », est interdite. Une situation qui pourrait évoluer dans un avenir plus ou moins proche après la tenue du 10e congrès de la Société européenne de contraception (ESC), qui a débuté, mercredi, à Prague.

Apparue en France en 1980, la pilule abortive RU 486, aussi appelée mifépristone ou Mifégyne, est une méthode médicamenteuse servant à l’avortement. En France, son utilisation est autorisée jusqu’à la cinquième semaine de grossesse. Une situation qu’envient certains médecins en République tchèque, où la pilule reste introuvable dans les pharmacies, et pour cause puisqu’elle n’est toujours pas autorisée. Selon David Cibula, président de l’ESC, il s’agit là avant tout d’une opposition politique, les chrétiens-démocrates, opposés au recours à la pilule, figurant dans les coalitions gouvernementales depuis plusieurs années quelle que soit leur composition :

« Je pense que c’est évident. Dès qu’on ouvre le débat, des voix s’élèvent pour affirmer que la pilule est nocive. On s’imagine alors une femme qui se rend à la pharmacie, achète la pilule, l’avale sur le devant de la pharmacie et avorte. Bien entendu, c’est une vision des choses horrible. Mais grâce à certains pays, comme la France, qui ont ouvert leurs portes à la méthode il y a de cela une vingtaine d’années, on connaît aujourd’hui les réponses à toutes les questions que l’on peut se poser sur l’utilisation de la pilule. Et nous savons qu’il n’y en a pas de pratique abusive. »

A l’heure actuelle, les médecins tchèques réclament la possibilité de recours à la pilule abortive essentiellement pour les femmes pour lesquelles une interruption de grossesse est nécessaire entre les quatrième et sixième mois. Cette méthode d’avortement possède en effet l’avantage d’être plus confortable et de laisser moins de traces tant physiques que psychologiques que la méthode traditionnelle par aspiration. En attendant, si le sujet sera bien évoqué à Prague lors de la conférence de l’ESC, celle-ci ne devrait pas accoucher d’une révolution en République tchèque, comme le confirme David Cibula :

« La conférence de Prague n’apportera pas de changement fondamental. Du point de vue européen, il n’y a en effet plus grand-chose à ajouter à ce qui a déjà été dit. On sait que cette méthode fonctionne très bien et qu’elle est autorisée dans la majorité des pays européens. L’intérêt de cette conférence concernant la situation en République tchèque est donc de savoir si la médecine tchèque, qui se montre très libérale dans d’autres de ses domaines, va adopter cette méthode dont on connaît les avantages certains et les indications. »

Si les discussions seront donc encore probablement très vives au Parlement entre partisans et adversaires de la pilule abortive, David Cibula se veut toutefois optimiste et estime que les autorités responsables, à savoir le ministère de la Santé et l’Institut national pour le contrôle des médicaments (SUKL), pourraient l’autoriser d’ici à un an.