La plaque Michelin, symbole de la gastronomie mondiale, est de fabrication tchèque !
À quelques heures de la présentation en grande pompe du tout premier Guide Michelin Tchéquie ce jeudi, on s’est intéressé ce matin à un symbole qui accompagne chaque distinction du fameux guide français : la plaque Michelin. Un objet mythique, instantanément reconnaissable, et qui orne depuis des décennies les façades des meilleurs restaurants du monde. Ce que l’on sait beaucoup moins, c’est que ces plaques - véritables icônes de la gastronomie mondiale - naissent… à Brno, la deuxième ville de Tchéquie, située en Moravie du Sud. Smalt veut dire émail en tchèque et Ota Fišera est notamment en charge des ventes internationales pour la société Smalt Brno, qui a décroché ce contrat pas comme les autres il y a plusieurs années. Comment fabrique-t-on ces plaques rouges, émaillées, devenues légendaires ? Ota Fišera a répondu aux questions de RPI, en revenant d'abord sur la génèse de cette coopération tchéco-française.
Ota Fišera : « Cela fait déjà 20 ans ou un peu plus que nous avons commencé à proposer nos produits, nos plaques publicitaires, à Michelin, parce que nous fabriquons surtout des plaques publicitaires. Donc c’était pour le service marketing de Michelin : nous avons préparé quelques projets, nous avons créé des propositions graphiques, des solutions pour la promotion des pneus Michelin dans les garages, chez leurs distributeurs. »
Donc vous avez commencé avec les pneus puis êtes passés au célèbre Guide Michelin ?
« Oui, c’était au début pour le service marketing directement chez Michelin. Plus tard, nous avons fabriqué quelques plaques, des plaques en métal, des thermomètres aussi en métal, des choses comme ça, pour la promotion. Nous avons alors été sollicités pour savoir si nous pouvions aussi faire des plaques émaillées pour le Guide. »
Et qu’est-ce qui fait que vous avez remporté ce marché ? C’est la qualité des produits fabriqués à Brno, le prix également ?
« C’est tout ça, exactement. C’est le service complet : pas seulement les plaques, mais aussi des boîtes décoratives, des étiquettes, des choses comme ça. C’est surtout la qualité, et aussi les capacités de production pour fabriquer une quantité aussi élevée, on peut dire, parce qu’il s’agit de milliers de plaques chaque année. »
Des milliers… mais vous ne pouvez pas préciser le total exact, c’est bien ça ?
« Non, exactement, et en plus c’est différent chaque année. Parfois c’est un peu moins, l’année suivante beaucoup plus, donc cela dépend vraiment. Ce sont des milliers, et ce n’est pas si simple de fabriquer des plaques émaillées avec une technique traditionnelle. C’est vraiment une production manuelle et individuelle. »
La couleur rouge mythique
Qu’est-ce qui fait d’ailleurs la particularité de ces célèbres plaques Michelin ? À quoi faut-il faire le plus attention dans votre processus de production ?
« Ce qui est le plus important, bien sûr, c’est la couleur. C’est la couleur mythique rouge, traditionnelle. Pour respecter cela, c’est très important. Il y a aussi le visuel : il y a une longue ligne ronde, un cercle, et il est important de positionner le visuel très précisément pour obtenir vraiment le cercle. Avec aussi la qualité de la plaque. »
Cette couleur rouge très particulière, comment est-elle obtenue comment ?
« Il s’agit d’un mélange de plusieurs poudres, de plusieurs couleurs céramiques. En les mélangeant avec des proportions vraiment précises, on obtient la couleur qui, après cuisson, donne ce rouge demandé. »
La sortie cette semaine du premier Guide Michelin Tchéquie est un événement historique. Est-ce que vous savez déjà qui va obtenir une étoile ? Et serez-vous à la cérémonie ? »
« Non, non, pas du tout. C’est vraiment très, très strict. Donc non seulement pour les invités à cet événement, mais aussi pour savoir qui va recevoir quoi, si c’est une, deux, trois étoiles ou autre. Donc ce n’est vraiment pas connu pour le moment. »
Sécurité du transport et qualité pour résister aux intempéries
Devez-vous faire particulièrement attention à la sécurité ? Comme pour tous vos produits évidemment, pour éviter qu’ils soient volés. Mais faut-il une protection supplémentaire pour ces célèbres plaques ?
« Oui, bien sûr, c’est standard. Dans la production, nous appliquons des mesures de sécurité, c’est naturel. Pour la plaque elle-même, ou pour le transport, il y a des coins de protection dans les boîtes, des boîtes renforcées, un emballage plus stable pour ne pas que ça casse pendant le transport. »
Il faut aussi que ce soit très résistant, puisque ce sont des plaques posées dehors et qui doivent résister aux intempéries.
« C’est vrai. Ce sont de véritables plaques émaillées, destinées à un usage extérieur de longue durée. C’est ce qui fait leur résistance vraiment extraordinaire. »
Ce contrat avec Michelin, est-ce un contrat qui se renouvelle chaque année ? Est-ce un contrat de longue durée ? Vous savez déjà si vous allez produire l'année prochaine ?
« C’est chaque année. C’est un renouvellement annuel, on peut dire. »
Est-ce que Michelin est l’un de vos principaux clients ? Quels autres clients avez-vous ? J’ai entendu dire que vous fabriquiez également des produits pour la marque automobile Porsche.
« Oui, sont surtout des plaques pour la publicité, pour la décoration aussi. Donc ce sont de grandes sociétés internationales : on peut citer Coca-Cola, Pepsi-Cola, les brasseries, Carlsberg, Heineken, mais aussi en France TotalEnergies, et d’autres. »






