La propriété des terres est un des piliers de la réforme de l’agriculture tchèque

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Le ministre Petr Gandalovič a présenté, jeudi, sa conception de la réforme de l’agriculture en République tchèque. Cela s’est déroulé dans une ferme de Radonice, non loin de Prague, avec la participation du Premier ministre, Mirek Topolánek. Quelles sont les priorités de cette réforme très attendue ?

Petr Gandalovič (à gauche) et Mirek Topolánek (au milieu), photo: CTK
Devant les journalistes invités à cette occasion, le ministre Petr Gandalovič a présenté les principaux points de sa réforme : soutien à la compétitivité et diminution de la bureaucratie, conception équitable de la politique agricole de l’Union européenne, hausse de la qualité de vie dans les milieux ruraux et surtout règlement de la question de la propriété des terres. En effet, selon lui, dix-huit ans après le changement de régime en Tchéquie, cette question n’est toujours pas entièrement résolue. Il veut donc présenter un projet de loi agricole qui, entre autres, permettrait la restitution des biens aux personnes qui possèdent, certes, des terres, mais qui sont en quelque sorte louées aux anciennes coopératives agricoles pour des prix dérisoires. Pourquoi ? Explication de Petr Gandalovič :

Petr Gandalovič et Mirek Topolánek ont visité la ferme laitière à Radonice, photo: CTK
« Le droit de propriété existe et les terres de ces personnes sont inscrites sur le plan cadastral. Le problème est que ces personnes n’ont pas accès à ces terres, car elles font partie de plus grands terrains agricoles et aucune route n’y mène. Cela veut dire que ces personnes ne peuvent disposer librement de leur bien. Nous ne voulons pas détruire les grandes exploitations agricoles, mais d’un autre côté, il est indispensable que le propriétaire puisse toujours appliquer son droit de propriété. »

Il pourrait y avoir dans les 100 000 propriétaires de terres ainsi concernés, et le projet de loi que compte présenter le ministre représenterait des restitutions d’une valeur de 12 milliards de couronnes (dans les 480 millions d’euros). Le gouvernement ne manque pas de volonté pour cela, comme le confirme le Premier ministre, Mirek Topolánek :

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« Nous voulons présenter un projet de loi qui achèverait la réforme des droits de propriété et tout dépend maintenant de la Chambre des députés, car je ne pense pas que ce projet soit refusé par le Sénat. Nous désirons mettre un point final à la question des droits de propriété qui, après 1989, n’a jamais été complètement résolue. »

Le projet risque de se heurter aux arguments de l’opposition à la Chambre des députés. En effet, il compte sur le fait que ce sont les actuelles exploitations agricoles exploitant les terres d’autres propriétaires qui supporteraient les frais des restitutions. Selon l’opposition, c’est anticonstitutionnel, mais elle admet que ce problème doit être réglé rapidement. Au gouvernement de trouver les moyens financiers nécessaires.