La République tchèque reconnaîtra le Kosovo indépendant « en temps voulu »

Karel Schwarzenberg et Hashim Thaci, photo: CTK

En visite à Pristina, lundi, le ministre tchèque des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg, a fait savoir que la République tchèque reconnaîtrait l’indépendance du Kosovo « en temps voulu ». Tandis que le gouvernement kosovar entend proclamer « bientôt » l’indépendance de la province sécessionniste serbe, comme l’a confirmé son nouveau Premier ministre Hashim Thaci sans toutefois donner de date précise, le chef de la diplomatie tchèque a, lui, indiqué que Prague réagirait à cette éventuelle proclamation en respectant la position des autres Etats membres de l’UE.

Karel Schwarzenberg et Hashim Thaci, photo: CTK
Alors qu’il est désormais pratiquement acquis, neuf ans après la fin de la guerre qui a ravagé la région, qu’un nouveau pays apparaîtra prochainement sur la carte de l’Europe, la question qui intéressait les médias locaux, lundi, était non pas de savoir si oui ou non, mais quand la République tchèque reconnaîtra l’indépendance du Kosovo. Une interrogation à laquelle Karel Schwarzenberg a répondu en affirmant que le gouvernement tchèque s’attendait effectivement à ce que le Kosovo devienne dans un proche avenir une République, le statut provisoire actuel de la province étant, selon lui, « intenable ». « L’UE devrait s’engager au Kosovo dès que possible », a par ailleurs ajouté le ministre tchèque, rappelant ainsi l’importance de l’envoi prochain par Bruxelles de 1800 civils, dont 400 tchèques, qui prendront la relève de l’ONU sous la tutelle de laquelle la province est placée depuis 1999.

S’il est donc clairement favorable à l’indépendance du Kosovo, Karel Schwarzenberg est toutefois bien conscient des risques que la décision du gouvernement kosovar pourrait engendrer :

« J’ai l’impression, et j’espère avoir raison, que le gouvernement kosovar comme le gouvernement serbe vont négocier de manière très responsable. Néanmoins, il ne faut pas oublier que nous sommes également en présence de différents groupements qui ne ressentent pas cette responsabilité, défendent leurs propres intérêts et s’imaginent pouvoir tirer profit d’éventuels troubles et affrontements. »

Prudent, le ministre tchèque des Affaires étrangères a également évoqué la nécessité de l’intégration de l’ensemble de l’ouest des Balkans au sein des organes de l’UE et de l’OTAN. Karel Schwarzenberg s’est d’ailleurs félicité que Pristina consulte la date de la proclamation de son indépendance avec Bruxelles :

Karel Schwarzenberg avec le président kosovar Fatmir Sejdiu, photo: CTK
« Les responsables politiques kosovars sont pleinement conscients que l’avenir prospère de leur pays, extrêmement pauvre, ne peut passer que par l’UE. Si le pays reste en dehors des institutions de l’UE, le besoin continuera de régner pendant encore très longtemps, alors que la situation est déjà très misérable. »

Outre les plus hauts dirigeants kosovars, le chef de la diplomatie tchèque a également rencontré des représentants de la minorité serbe vivant au Kosovo. Karel Schwarzenberg en a profité pour se prononcer contre l’idée d’un éventuel détachement de la partie nord de la province occupée principalement par des Serbes. Enfin, le ministre tchèque souhaitait se rendre aussi à Belgrade, une visite n’ayant toutefois pas été rendue possible par la tenue du premier tour de l’élection présidentielle ce dimanche.