Prague appuie l’intégration de la Serbie à l’Union européenne

Ivan Mrkič et Karel Schwarzenberg, photo: CTK

« La Serbie peut toujours compter sur le soutien de la République tchèque pour son effort d’intégrer l’Union européenne. » C’est ce qu’a déclaré le ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg, lundi, à l’issue de sa rencontre à Prague avec son homologue serbe Ivan Mrkič. L’intégration des pays des Balkans dans les structures européennes est une des priorités de la diplomatie tchèque.

Ivan Mrkič et Karel Schwarzenberg, photo: CTK
Le ministre Karel Schwarzenberg estime que le processus d’intégration de la Serbie progresse bien. « Nous serons toujours aux côtés de la Serbie, » a-t-il déclaré. Le chef de la diplomatie tchèque n’est pas d’accord avec certains pays européens qui demandent la réintroduction d’obligation de visa pour la Serbie. Selon ces pays, il faut créer un mécanisme qui permettrait de rétablir l’obligation de visa pour les ressortissants serbes à cause de l’augmentation du nombre de demandeurs d’asile serbes dans les pays occidentaux. Karel Schwarzenberg s’oppose à cette initiative : « La Serbie étant un pays européen normal, les mécanismes spéciaux ne sont pas nécessaires, » souligne-t-il.

L’intégration de la Serbie dans les structures européennes se heurte cependant à un autre problème. Il s’agit des rapports compliqués entre Belgrade et le Kosovo, ancienne province serbe ayant proclamé unilatéralement son indépendance en 2008. Selon les dernières informations, la Commission européenne conditionne l’ouverture des pourparlers sur l’intégration européenne de la Serbie à une amélioration essentielle des rapports entre ce pays et le Kosovo. Le ministre serbe des Affaires étrangères Ivan Mrkič affirme que son pays veut bien nouer un dialogue sur la normalisation de ces rapports. Il l’a confirmé aussi à Prague :

Ivan Mrkič, photo: CTK
« Il s’agira de la décision du nouveau gouvernement, du président et du Parlement. Cela veut dire que nous ouvrirons des pourparlers avec le gouvernement de Pristina. »

L’indépendance du Kosovo n’a pas été reconnue à l’unanimité par la communauté internationale. La République tchèque a été parmi les pays qui ont reconnu officiellement le nouvel Etat. Cette décision a été cependant contestée par le président Václav Klaus qui ne cache pas depuis longtemps ses sympathies pour Belgrade et qui a aussi fermement critiqué les bombardements de la Serbie par les forces aériennes de l’OTAN lors de la guerre au Kosovo. En février dernier il a invité au Château de Lány près de Prague les présidents de Serbie, de Croatie et de Slovaquie. Cette rencontre de quatre chefs d’Etat organisée autour des thèmes européens a permis au président tchèque de manifester son soutien à l’intégration de la Serbie à l’Union :

Václav Klaus, photo: Archives de ČRo7
« Nos pays sont liés par beaucoup d’intérêts communs et nous avons des opinions très proches sur beaucoup de problèmes. Et j’espère que l’intégration de tous nos quatre pays à l’Union européenne se manifestera dans toute une série de votes et d’opinions sur la politique et sur la législation de l’Union. C’est l’arrivée des pays qui figurent sur la moitié inférieure de l’échelle du développement économique et c’est positif. Je pense que tout cela doit être pris en considération par l’Union européenne afin que toutes ses lois ne soient pas faites sur mesure pour les pays les plus riches et les plus développés. »

Le nouveau gouvernement serbe étant pro-européen, cela se manifeste donc aussi dans sa politique actuelle et dans son rapport vis-à-vis du Kosovo. « Nous ne voulons pas précipiter les choses, a déclaré, lundi, à Prague le ministre serbe des Affaires étrangères Ivan Mrkič, mais nous allons faire tout pour adapter nos lois et nos standards aux exigences de l’Union européenne. »