La Tchéquie au sommet de l’Union européenne

Mirek Topolánek et Alexandr Vondra, photo: CTK

Comme tous les ans, les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 pays membres de l’Union européenne se sont réunis, jeudi et vendredi, à Bruxelles pour le sommet du printemps de l’Union européenne. Au programme, les changements climatiques, l’énergie, la protection contre les l’effets de bascule sur les marchés financiers et la stratégie de Lisbonne. Pour représenter la Tchéquie, le Premier ministre, Mirek Topolanek, le ministre des Finances, Miroslav Kalousek et le vice-premier ministre aux Affaires européennes, Alexandr Vondra.

Mirek Topolánek et Alexandr Vondra, photo: CTK
La question des visas américains n’était pas au programme du sommet, mais on en a beaucoup parlé avant son ouverture. Le vice-premier ministre tchèque aux Affaires européennes, Alexandr Vondra, ne cachait pas sa satisfaction, car la Tchéquie a atteint son but : les pays membres pourront négocier individuellement la question des visas avec les Etats-Unis, parallèlement aux négociations de la Commission européenne. On écoute Alexandr Vondra : « Nous n’avions pas l’intention d’ouvrir cette question. Du fait que nous avions menacé de le faire, nous étions arrivés à nos fins. Si quelqu’un ouvre la discussion sur cette question, nous ne resterons pas muets, mais nous n’avons pas besoin de cela. Nous, nous avons atteint notre objectif et nous sommes satisfaits. »

Satisfaits ? Le Premier ministre, Mirek Topolánek, était loin de l’être à l’issue de la discussion sur le réchauffement climatique et la politique énergétique. En effet, les chefs de gouvernement des Vingt-sept sont tout juste arrivés à se mettre d’accord sur la lutte commune contre les changements climatiques. Pas de conclusion sur les quotas d’émission de CO2 ou même sur la politique énergétique commune. En fin de compte, Mirek Topolanek a même mis en garde contre les conséquences que pourrait avoir l’adoption du « paquet » écologique en ces termes :

Photo: Commission européenne
« Paradoxalement, cela aurait des effets négatifs sur l’environnement, car toute une partie du marché et de la production concernée pourrait être déplacée en dehors de l’Union européenne, dans des pays qui n’appliquent pas des normes aussi sévères dans la protection de l’environnement. En fin de compte, du point de vue global, la situation serait encore pire qu’avant l’adoption d’un paquet écologique dont l’objectif est justement de diminuer les influences négatives sur l’écologie mondiale. »

En ce qui concerne la baisse des émissions de CO2 de 20 % d’ici à 2020, comme le demande l’Union européenne, la délégation tchèque a proposé d’augmenter la production d’énergie nucléaire, ce qui serait un des instruments pour atteindre cet objectif. A l’égard du projet de création d’une « Union méditerranéenne » présenté par le président français Nicolas Sarkozy, la Tchéquie, comme d’autres pays nouveaux membres, a émis certaines réserves envers ce projet qui a quand même été adopté.