La Tchéquie, pays de rondeurs...

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Selon une étude récente des experts britanniques, les Tchèques feraient partie des nations les plus obèses du monde. Mangent-ils trop ? Connaissent-ils le mot sport ? Pensent-ils aux calories ? Questions pour Magdalena Segertova.

Il suffit de venir une fois en Tchéquie et de regarder attentivement les gens autour de soi, il suffit de se faire inviter dans une famille tchèque moyenne et de goûter le traditionnel porc-choucroute-quenelles... Après ce bon déjeuner bien lourd, on peut faire une seule chose : s'allonger sur un canapé et donner raison aux médecins britanniques. Oui, des milliers de Tchèques sont gros et manger raisonnablement leur pose un grand problème. Quant aux kilogrammes superflus, la Tchéquie occupe, à l'échelle internationale, la triste sixième place, après les Samoa, le Koweït, les Etats-Unis, l'Allemagne et l'Arabie Saoudite. Les médecins tchèques le confirment : dans le pays, deux hommes sur trois sont corpulents et 54% des femmes bien rondelettes. Pire encore, le surpoids est, en Tchéquie, une des causes les plus fréquentes de la mort. Avoir de l'embonpoint veut aussi dire, pourquoi cacher la vérité, avoir du mal à se faire valoir dans la société. Souvent, les obèses tchèques qui rêvent d'une taille mannéquin et arrivent chez le médecin, quittent le cabinet déçus : la majorité des médicaments modernes, efficaces, mais coûteux, ne sont pas remboursés. Un autre phénomène alarmant : obésité infantile qui augmente, en Tchéquie comme à l'Occident, d'une façon dramatique. Quelque 300 000 petits Tchèques sont anormalement gros, soit le double qu'il y a trente ans. Que se cache-t-il derrière cette statistique pessimiste? "Il est vrai que les enfants ne se nourissent pas bien, mais ce qui est encore plus dangereux, c'est l'absence de l'activité physique. Les petits passent des heures et des heures devant la télé ou l'ordinateur!", s'inquiète le médecin Vojtech Hainer. Pour les adultes aussi, bouger est littéralement une corvée. Surtout, fait curieux, pour les campagnards. De plus, dans des villages tchèques, des boudins, des andouilles, du saindoux et de la confiture de maman l'emportent toujours sur des légumes. Que faire donc ? Ceux qui sont soucieux de leur poids peuvent, bien sûr, s'adresser aux médecins, aux centres spéciaux ou aux clubs où l'on soigne l'obésité. On y apprend comment il faut manger, on y fait du sport, on s'y amuse aussi. Car, on le sait bien, perdre des kilos et garder en même temps le sourire n'est pas tout à fait facile.

Auteur: Magdalena Segertová
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