Ladislav Brom

Ladislav Brom
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La personnalité de Ladislav Brom, de son nom Korinek, a presque sombré dans l'oubli. Pourtant, cet acteur, danseur et poète, qui publiait ses oeuvres sous le pseudonyme de Rimon, était surtout un réalisateur remarquable. Il a quitté définitivement la Tchécoslovaquie après le coup d'Etat de 1948 pour les Etats-Unis, avant de rejoindre plus tard le Canada, où il a vécu jusqu'à sa mort. Depuis le Nouveau Continent il a réalisé ses voyages à travers l'Afrique. A l'étranger, il s'est rendu célèbre sous le nom de John L. Brom pour ses films documentaires et ses récits sur ses voyages.

Le réalisateur Ladislav Brom est né le 16 avril 1908 dans la région de Usti nad Orlici, en Bohême du nord-est. Il fait d'abord des études de génie civil à l'établissement d'enseignement technique supérieur à Prague. Ses études terminées, il se sent plus artiste qu'ingénieur et opte pour le conservatoire. C'est d'ailleurs là qu'il fera la connaissance de Lida Baarova, future star du cinéma tchécoslovaque de renommée européenne. L. Brom est engagé au Nouveau théâtre allemand comme danseur, se présente également sur scène en tant que ténor d'opérette, joue dans plusieurs films et finalement se lance dans la production et la réalisation. Il écrit des scénarios et tourne pas mal de films d'assez bon niveau comme La rue chante (Ulice zpiva), Le onze de Klapzuba (Klapzubova jedenactka), ou encore Le vagabond Macoun (Tulak Macoun), ce dernier étant primé au Festival international de Venise en 1939.

Le onze de Klapzuba
Au début des années quarante, L. Brom est arrêté par les nazis et incarcéré. Sa grande amie et collègue, la vedette Lida Baarova, grâce à ses contacts, réussit à le faire sortir de prison. Rappelons que peu avant l'éclatement de la Deuxième Guerre mondiale, l'actrice avait été la maîtresse du ministre de la Propagande et de l'Information Joseph Goebbels. Après la guerre, au fil des mois, le réalisateur sent bien que la situation politique tourne plutôt mal. La pieuvre communiste déploie ses tentacules contre les amis de la démocratie. Tout comme Lida Baarova et son mari Jan Kopecky, L. Brom se décide à quitter définitivement sa patrie. Il se réfugie aux Etats-Unis. Assez vite, il se fait une place au soleil en tant qu'explorateur, écrivain et cinéaste réalisateur de documentaires. L'Afrique noire, où il réalise son premier voyage dès 1945, devient la destination favorite de ses voyages. Il est énormément fasciné par le continent. Plus tard, en tant que documentariste au service de la France, il fera seul un voyage de plus de 30 000 kilomètres à travers le Continent Noir au cours duquel il vit parmi les indigènes et braque entre autres sa caméra sur les animaux sauvages.

Oldrich Novy et Lida Baarova dans le film Zivot je krasny de Ladislav Brom
Le film documentaire La jungle impitoyable est toujours projeté en France. L. Brom descend le Zambèze jusqu'aux chutes de Victoria par la voie tracée par l'explorateur britannique David Livingstone, devient témoin direct du sinistre soulèvement Mau Mau et refait tous les voyages réalisés par le journaliste et explorateur Henry Morten Stanley, découvreur de l'Afrique centrale. Ses films documentaires en noir et blanc et en couleur sont un précieux témoignage de son séjour de près de quatorze ans en Afrique. Il est également l'auteur d'une dizaine de livres sur le même sujet écrits à Paris.
Photo: Stepanka Budkova
Sur ses voyages en Afrique, il réalise également un feuilleton en couleur pour la télévision française intitulé L'odyssée africaine. Le feuilleton sera également suivi avec beaucoup d'attention par les téléspectateurs au Canada, aux Etats-Unis et au Japon.

Le cinéaste réalisateur de documentaires connaissait un grand nombre de personnalités importantes et intéressantes. Parmi ses amis comptaient, par exemple, Jaques Prévert, Erskine Caldwell ou Ernest Hemingway, Prix Nobel 1954, dont il a fait connaissance juste après l'accident d'avion de l'écrivain en Afrique.

L'explorateur, écrivain et documentariste Ladislav Brom est décédé en 1969, peu avant son départ pour la Tchécoslovaquie, son pays qu'il s'apprêtait à visiter après une vingtaine d'années d'absence.