L’affaire Čunek, une histoire sans fin

Jiří Čunek, photo: CTK

C’est une affaire qui prend des allures de feuilletons sans fin. Un nom dans cette affaire : celui de Jiří Čunek, le chef de file des Chrétiens-Démocrates et membre du gouvernement de coalition. Depuis plus d’un an, il cristallise les crispations et les polémiques en tout genre.

Jiří Čunek, photo: CTK
Jiří Čunek et des familles roms expulsées de force dans la ville dont il était le maire : premier coup de projecteur sur cet homme politique qui lance la controverse. Jiří Čunek et les affaires de corruption. Deuxième thème qui colle au vice-Premier ministre. Souçonné de malversations, il avait dû démissionner l’an dernier avant de réintégrer le gouvernement après avoir été blanchi.

Récemment, le ministre des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg, qui avait à l’époque menacé de quitter le gouvernement si Jiří Čunek y revenait, a finalement décidé de commander, à ses frais, un audit des finances de l’homme politique. Depuis lundi, la majeure partie des membres de la coalition se dit rassurée après que la société d’audit a rendu ses conclusions. Pour le Premier ministre Mirek Topolánek, le sujet est clos et Jiří Čunek est lavé de tout soupçon de corruption. Pourtant des zones d’ombres subsistent, certaines pages des dossiers financiers passés au crible étant manquantes. Jiří Čunek, lui, s’est dit toutefois prêt à collaborer :

Karel Schwarzenberg, photo: CTK
« S’il y a encore des questions du côté de Karel Schwarzenberg et de la société Kroll, je suis prêt à y répondre tout comme j’ai répondu à toutes leurs demandes auparavant. Je suis prêt à fournir les pages manquantes, mais je sais déjà que cela ne va faire que compléter positivement le résultat de l’audit. »

Karel Schwarzenberg, lui, a demandé aux enquêteurs de la société d’audit de continuer leurs recherches. Mais d’après ceux-ci, poursuivre l’enquête n’a plus aucun sens.

Dernier rebondissement en date : le ministre des Finances Miroslav Kalousek, chrétien-démocrate, envisage de porter plainte contre la société d’audit Kroll qui, dans son rapport, a révélé que dans les années 1990, Jiří Čunek aurait fait du lobbying auprès du gouvernement pour l’usine d’armement dans laquelle il était employé.

Une chose est claire, de grands gestes en petites déclarations, Jiří Čunek n’a en tout cas pas fini de faire couler de l’encre. Le politologue Jan Kubáček fait, pour sa part, parler le bon sens :

« Tous ceux qui ont participé à cette affaire perdent une part de leur réputation, de leur lustre et un certain niveau politique. Et le seul qui finalement reste intouché, parce que finalement, il n’a plus rien à perdre vis-à-vis de l’opinion publique du pays, c’est Jiří Čunek. »